CAFÂ : La majoration des allocations familiales ne sera plus versée avant 18 ans
La majoration des allocations familiales n’interviendra plus aux 14 ans de l’enfant, mais aux 18 ans, soit un manque à gagner pouvant atteindre 900 euros par an pour les familles concernées. Cette mesure de la CAF entre en vigueur dimanche 1er mars et vise à financer le nouveau congé de naissance.
La majoration des allocations familiales ne sera plus appliquée à 14 ans de l’enfant, mais à 18 ans, ce qui pourrait entraîner un manque à gagner pouvant atteindre 900 euros par an pour les familles concernées. Cette nouvelle mesure de la CAF, qui prendra effet le dimanche 1er mars, a pour but de financer le nouveau congé de naissance, dans un contexte de baisse historique de la natalité.
Jusqu’à présent, les familles avec deux enfants bénéficiaient d’une augmentation des allocations lorsque le plus jeune atteignait 14 ans. Celles ayant trois enfants ou plus profitaient de cette majoration pour chaque enfant ayant franchi cet âge, jusqu’à 20 ans.
Dès le 1er mars, la majoration ne sera activée qu’à la 18ème année de l’enfant. Toutefois, les familles dont l’enfant a fêté ses 14 ans avant cette date continueront à bénéficier de l’ancien dispositif.
Le ministère des Solidarités et des Familles justifie ce changement par une réallocation adaptée aux « besoins réels ». Selon ses explications, « un enfant de 14 ans ne coûte pas plus cher qu’un enfant de 10 ans. Son coût augmente surtout avec les études supérieures et l’entrée dans la vie active ».
Selon le gouvernement, la majoration à 14 ans représentait un montant supplémentaire de 75,90 euros par mois, soit plus de 900 euros par an pour les familles concernées. La mesure devrait permettre de réaliser des économies de 210 millions d’euros dès cette année, puis 1,2 milliard par an d’ici quatre ans.
Ces économies seront réaffectées pour financer le congé de naissance, qui entrera en vigueur le 1er juillet et s’ajoutera aux congés maternité et paternité. Ce congé sera de deux mois pour chaque parent, rémunéré à 70 % du salaire net pendant le premier mois et 60 % le second.
Le Conseil de la famille du HCFEA (Haut conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge) exprime son opposition à cette mesure, qui touchera particulièrement les familles nombreuses et modestes, dans un contexte où « la pauvreté infantile augmente », souligne sa présidente Hélène Périvier. Elle précise que la branche Famille de la Sécurité sociale est « excédentaire et n’a donc pas besoin de réduire les allocations familiales pour financer ce congé de naissance ».
L’économie réalisée par la suppression de la majoration sera deux fois supérieure au coût du congé de naissance, estimé à 600 millions d’euros à terme, fait remarquer l’Union nationale des associations familiales. L’Unaf affirme qu’une famille avec un adolescent a besoin de 250 euros de plus par mois qu’une famille avec un enfant en primaire, notamment parce que l’adolescent « mange davantage et plus souvent hors de la maison », « se déplace seul et plus loin » ou encore que « ses vêtements, ses loisirs, l’équipement téléphonique sont plus coûteux ».
Du côté du gouvernement, on fait valoir que le nouveau congé de naissance doit être incitatif pour freiner la chute historique de la natalité en France. En 15 ans, le nombre de naissances a diminué de 24 %, atteignant en 2025 le niveau le plus bas depuis la Seconde Guerre mondiale.

