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Après la décision de la Cour suprême, Trump augmente sa taxe douanière à 15 %

Le président américain Donald Trump a décidé de relever sa nouvelle taxe douanière mondiale de 10 à 15 %, avec effet immédiat. Cette mesure s’applique à un large éventail de pays, y compris des partenaires commerciaux clés des Etats-Unis comme l’Union européenne, le Japon, la Corée du Sud ou encore Taïwan.


Le président américain Donald Trump a choisi d’augmenter sa nouvelle taxe douanière mondiale de 10 à 15 %, avec effet immédiat, après le revers subi face à la Cour suprême des États-Unis. Cette décision constitue une nouvelle escalade dans sa stratégie commerciale, alors que plusieurs partenaires de Washington appellent à la retenue et à une réponse coordonnée face à cette augmentation tarifaire.

La Presse — Vendredi dernier, la Cour suprême américaine a statué que l’administration Trump avait outrepassé ses pouvoirs en utilisant une loi d’urgence économique pour imposer des droits de douane généralisés sur les importations.

Selon les juges, cette législation ne permettait pas au président de décider unilatéralement des taxes douanières sans l’accord du Congrès, affirmant que seule une « autorisation claire » du législatif pouvait justifier de telles mesures.

Un revirement après une décision judiciaire majeure

Cette décision représente un revers important pour le président, qui a l’habitude de recourir à des outils juridiques larges pour promouvoir son programme protectionniste et générer des recettes fiscales alternatives.

Rapidement, Trump avait annoncé un plan de réplique consistant à imposer une nouvelle taxe mondiale de 10 %, avec une entrée en vigueur prévue le 24 février pour une période initiale de 150 jours.

Cependant, 24 heures après cette annonce, il a décidé d’augmenter le taux à 15 %, affirmant sur son réseau Truth Social que la décision de la Cour suprême nécessitait un ajustement immédiat à ce niveau « pleinement autorisé et légitime ».

Un impact mondial et des réactions contrastées

Ce taux de 15 % concerne un large éventail de pays, y compris des partenaires commerciaux clés des États-Unis tels que l’Union européenne, le Japon, la Corée du Sud ou Taïwan.

Cette mesure vise à accroître la taxation des importations, dans un contexte où Washington critique depuis longtemps des déficits commerciaux jugés « injustes ».

La réaction internationale a été instantanée. À Paris, le président Emmanuel Macron a salué l’intervention de la Cour suprême, soulignant l’importance des contre-pouvoirs dans toute démocratie et appelant à une réponse coordonnée face à l’incertitude commerciale.

Du côté européen, le chancelier Friedrich Merz a plaidé pour des discussions unies entre les États membres afin de définir une position commune avant une rencontre avec l’administration américaine.

Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, depuis New Delhi, a demandé un traitement équitable pour tous les pays, mettant en garde contre une « nouvelle Guerre froide » et appelant à ce que les relations commerciales internationales restent basées sur l’égalité.

Sur le plan économique, cette décision soulève de nombreuses interrogations.

L’arrêt de la collecte des anciens droits de douane considérés comme illégaux et l’application de la nouvelle taxe créent une double dynamique qui pourrait entraîner des remboursements massifs pour les entreprises importatrices américaines.

Certaines analyses suggèrent que les autorités douanières avaient déjà collecté des dizaines de milliards de dollars en 2025 avant que la Cour ne déclare ces prélèvements illégaux.