Tunisie

Somalie : l’ONU redoute une crise de la faim sans précédent

L’Organisation des Nations Unies a déclaré le 21 février 2026 que la situation alimentaire en Somalie est critique, avec environ 4,4 millions de personnes faisant face à des niveaux d’insécurité alimentaire de phase 3 ou supérieure. Le Programme alimentaire mondial ne peut actuellement soutenir que 640 000 individus, alors que 2,2 millions de personnes recevaient une aide d’urgence à la même période l’an dernier.


L’Organisation des Nations Unies lance un avertissement concernant l’aggravation de ce qu’elle décrit comme la crise de la faim la plus complexe des dernières années en Somalie. Cette situation critique est le résultat d’une conjonction dramatique de deux saisons consécutives sans pluies, de la persistance des conflits armés et d’une réduction significative des financements internationaux destinés à l’aide humanitaire.

Lors d’une déclaration officielle ce samedi 21 février 2026, Ross Smith, directeur de la division de la préparation et de l’intervention d’urgence au Programme alimentaire mondial (PAM), a indiqué que tous les indicateurs de sécurité alimentaire ainsi que les systèmes d’alerte précoce placent désormais la Somalie sur une trajectoire similaire à celle des grandes famines du passé. Les données actuelles montrent qu’environ 4,4 millions de personnes, soit un quart de la population totale, rencontrent des niveaux d’insécurité alimentaire de phase 3 ou supérieure selon la classification internationale IPC.

Le bilan humain est particulièrement préoccupant pour les populations les plus vulnérables. Près d’un million d’adultes et d’enfants souffrent de faim extrême, tandis que deux millions d’enfants sont touchés par la malnutrition aiguë. Parmi eux, plus de 400 000 jeunes Somaliens présentent des signes de malnutrition aiguë sévère, une forme d’émaciation critique qui met en danger leur vie. En parallèle de cette urgence sanitaire, les mouvements de population augmentent, avec près d’un demi-million de nouveaux déplacés enregistrés au cours des cinq derniers mois.

Malgré l’ampleur des besoins, le Programme alimentaire mondial fait face à un manque de ressources sans précédent qui lui impose de restreindre ses actions. Actuellement, l’organisation ne parvient à assister qu’une personne sur sept parmi celles nécessitant une aide vitale. Alors que 2,2 millions de personnes recevaient une aide d’urgence l’an dernier à la même époque, le PAM est désormais en mesure de soutenir seulement 640 000 individus. Ross Smith souligne que le monde se trouve à un tournant décisif et qu’un renforcement immédiat de la réponse humanitaire est crucial pour prévenir une famine généralisée et sauvegarder des millions de vies.