Opinion Index 2025 : 87% des Arabes s’opposent à la reconnaissance d’Israël, quel score pour l’Algérie ?
87 % des citoyens du monde arabe rejetent la reconnaissance d’Israël, tandis que seulement 6 % y seraient favorables, selon un sondage du Arab Center Washington DC (ACW) issu de l’Arab Opinion Index 2025. L’Algérie opposes à cette reconnaissance avec seulement 2 % de personnes favorables, 88 % défavorables et 10 % n’ayant pas souhaité répondre.
Un nouveau sondage du Arab Center Washington DC (ACW) indique que 87 % des citoyens du monde arabe sont opposés à la reconnaissance d’Israël, alors que seulement 6 % y sont favorables. Ces résultats proviennent de l’Arab Opinion Index 2025, l’une des plus grandes enquêtes d’opinion réalisées dans la région.
Cette étude, qui a été menée à neuf reprises depuis 2011, a interrogé plus de 40 000 personnes dans 15 pays arabes sur divers sujets liés à la politique, l’économie, l’identité et les enjeux géopolitiques. Selon les responsables du centre, cette forte opposition est stable depuis plusieurs années.
Lors d’un webinaire organisé mardi, Tamara Kharroub, directrice exécutive adjointe et chercheuse principale au ACW, a souligné qu’« une immense majorité s’oppose à la reconnaissance d’Israël ». D’après les données du centre, cette tendance se maintient dans tous les sondages réalisés depuis 2014.
Les pays concernés par l’enquête comprennent : Algérie, Égypte, Irak, Jordanie, Koweït, Liban, Libye, Mauritanie, Maroc, Palestine, Qatar, Arabie saoudite, Soudan, Syrie et Tunisie.
Le sondage montre que les principales raisons du rejet ne sont pas religieuses ou culturelles, mais plutôt politiques. Les participants mentionnent notamment le « caractère colonial, raciste et expansionniste attribué à Israël », ainsi que la poursuite de l’occupation des territoires palestiniens.
Le rapport estime également que cette position ne devrait pas évoluer tant que ces éléments persisteront. De son côté, Yousef Munayyer, responsable du programme Palestine/Israël au ACW, affirme qu’Israël est toujours perçu comme une menace dans la région, perception qui s’est renforcée ces dernières années, notamment à la suite de la situation à Gaza.
Dans les pays du Maghreb arabe, dont l’Algérie, la question palestinienne demeure un enjeu politique majeur. Le sondage fournit également des chiffres détaillés pour chaque pays du Maghreb. L’Algérie se classe parmi les nations les plus opposées, avec seulement 2 % de personnes favorables, 88 % défavorables et 10 % n’ayant pas souhaité répondre. Au Maroc, 6 % des participants se disent favorables à la reconnaissance d’Israël, tandis qu’en Libye, cette proportion chute à seulement 1 %.
La Libye affiche l’un des taux d’opposition les plus élevés, atteignant 96 %, suivie par d’autres pays tels que la Jordanie (95 %) et le Koweït (94 %). Ces résultats confirment une réalité : malgré certaines démarches de normalisation entreprises par des États arabes, l’opinion publique demeure largement hostile à toute reconnaissance d’Israël.
Le sondage note également une baisse du soutien à la reconnaissance : le taux d’acceptation a diminué de deux points par rapport à 2022. Parmi les 6 % favorables, la moitié conditionne cette reconnaissance à la création d’un État palestinien indépendant.
Enfin, l’étude révèle que 76 % des répondants estiment que le monde arabe forme une seule nation, témoignant d’une identité commune toujours très présente dans la région.

