Belgique

La N-VA accusée de communautarisme en plein flagrant délit.

Le député N-VA Michael Freilich a reconnu avoir été à Washington pour discuter de sa demande d’aménagement de la législation sur les circoncisions rituelles pratiquées au sein de la communauté juive. Valérie Van Peel a déclaré : « Je tiens également à être parfaitement claire sur le fond : aucune proposition de modification du cadre juridique régissant les circoncisions n’est à l’étude. La N-VA ne le demande pas, ne le défend pas. »

Le communautarisme accentué du député N-VA Michael Freilich et l’ingérence de Bill White

Le député N-VA Michael Freilich est donc confirmé comme ayant joué un rôle dans l’ingérence sans précédent de l’ambassadeur américain dans les affaires belges. Il a admis avoir été à Washington pour discuter de sa demande de modification de la législation sur les circoncisions rituelles dans la communauté juive.

Un lobbying clairement à l’étranger contre les lois de notre propre pays sous prétexte de croyances religieuses est, sans conteste, du communautarisme, et cela en raison de la déloyauté envers la nation où il a été élu.

Réactions en Flandre et défense embarrassante de Valérie Van Peel

De nombreuses voix se lèvent en Flandre pour dénoncer cette situation. Par exemple, le président du CD&V, Sammy Mahdi, a été très direct : « Imaginez un député PS d’origine musulmane faisant du lobbying au Maroc ou au Qatar pour influencer une affaire judiciaire dans notre pays. C’est inadmissible« .

Le député est donc sous le feu des critiques et son parti est mal à l’aise. La N-VA éprouve clairement des difficultés. Aucune déclaration de Bart De Wever, qui avait pourtant marqué les esprits avec un discours critique sur l’administration Trump à Davos. La plupart des députés, ainsi que la présidente du parti, Valérie Van Peel, affichent un malaise. Après un long silence, elle a néanmoins pris la parole brièvement sur les réseaux sociaux : « Ce prétendu lien avec Michael Freilich ? Il n’existe pas. Ils ne se sont jamais parlé. Pure spéculation de la presse, rien de plus« .

Valérie Van Peel cherche à étouffer le sujet. Toutefois, elle evite la question principale. Les communications entre l’ambassadeur et Michael Freilich n’ont pas été évoquées. C’est le député lui-même qui a reconnu avoir discuté de cette affaire à Washington sans fournir davantage de détails.

Elle se voit néanmoins contrainte de se distancier du député sur le fond : « Je tiens à être parfaitement claire sur le fond : aucune proposition de modification du cadre juridique régissant les circoncisions n’est à l’étude. La N-VA ne le demande pas, ne le défend pas. Notre position n’a pas changé depuis des années : la séparation de l’Église et de l’État. Toujours« .

Deux poids, deux mesures

La N-VA est prise en flagrant délit de communautarisme. Ce parti, qui a été très critique par le passé envers le communautarisme de certains élus musulmans demandant des aménagements aux règles communes pour des raisons religieuses, ne peut ignorer le communautarisme de Michael Freilich face à certaines revendications d’une partie de la communauté juive. Cela soulève un problème évident de cohérence et de crédibilité.

Certains membres de la N-VA osent même aborder cette question. Dans ce parti à la discipline rigoureuse, Geert Bourgeois, figure fondatrice et tutélaire de la N-VA, a exprimé sa satisfaction quant à la prévalence de la séparation des pouvoirs en Belgique. Une déclaration intervenue alors que la controverse autour de Freilich battait déjà son plein. Parmi les rares réactions, le député flamand Andy Pieters a déclaré au Standaard : « En tant que représentant, il faut en être conscient. Nous sommes un parti flamand. Nous ne servons qu’une seule communauté« .

Il est donc évident qu’il y a un malaise dans le parti du Premier ministre. La crise diplomatique représente également une crise pour la N-VA. Les nationalistes semblent expérimenter la vieille maxime du cardinal de Retz : « On ne sort de l’ambiguïté qu’à ses dépens« .

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