JO 2026 : Maxime Germain annonce le soutien du Comité olympique américain
Maxime Germain, âgé de 24 ans, participera au relais hommes des JO de Milan-Cortina 2026 ce mardi à 14h30 avec Campbell Wright et Team USA. Depuis son arrivée sur le circuit de la Coupe du monde en 2022, il a contribué à la saison du biathlon américain avec deux Top 5 en relais et un autre en relais mixte.
De notre envoyé spécial à Anterselva,
Maxime Germain, bien qu’il soit né en Alaska, vive aux États-Unis depuis l’âge de 15 ans et fasse partie de la garde nationale, se distingue par son anglais au sein de l’équipe américaine de biathlon. « Il a clairement toujours un accent français », taquine sa coéquipière Margie Freed. Ce biathlète de 24 ans, qui participera ce mardi (14h30) au relais hommes des JO de Milan-Cortina 2026 aux côtés de Campbell Wright et de Team USA, a passé son enfance à Chamonix, où sa famille réside toujours.
C’est en Haute-Savoie qu’il a développé sa passion pour le biathlon, devenant médaillé de bronze du sprint aux Mondiaux juniors 2023, et participant ainsi à ses premiers Jeux olympiques. Lors de sa rencontre avec 20 Minutes vendredi, après un sprint personnel frustrant (66e), Maxime Germain était heureux de pouvoir donner une interview dans sa langue maternelle, le tout en fond sonore avec un We are the champions qui célébrait le quatrième titre olympique de Quentin Fillon Maillet.
Même si vous représentez les États-Unis aux JO d’hiver 2026, ressentez-vous quelque chose en voyant les biathlètes français accumuler les médailles ?
Oui, bien sûr. Lors des Jeux olympiques, tu représentes le drapeau que tu portes, et pour moi, c’est celui des États-Unis. Mais je suis tout de même très fier d’être français, je me sens français, ma famille est française. Je connais mieux la Marseillaise que l’hymne américain. Donc, lorsque je vois les Français sur un podium, je suis heureux pour eux. J’aimerais bien faire partie de leur équipe. Mais je suis aussi très content d’être dans cette sélection américaine, qui constitue une vraie famille.
Lorsque la « Marseillaise » résonne pour l’or de « QFM » ou pour le relais mixte tricolore durant ces Jeux, êtes-vous dans les parages pour partager ces moments ?
Exactement. Ce que je n’ai pas encore vécu, mais qui je pense se produira un jour, c’est d’être sur un podium avec un Français vainqueur à mes côtés. La Marseillaise, même si elle n’est pas pour moi, me ferait certainement un choc plus fort.
Si cela se produit en Coupe du Monde ou aux JO, ne serait-il pas difficile de ne pas chanter la « Marseillaise » ?
Exactement, j’aime bien l’hymne national français, il a du peps. Je pense que je mettrais quand même ma main sur le cœur (sourire).

Depuis votre arrivée sur le circuit de la Coupe du monde en 2022, les biathlètes de l’équipe de France savent-ils tous que vous êtes franco-américain ?
Oui, ils commencent à comprendre qui je suis. Cela dit, ce n’est pas une amitié très profonde. Je connais davantage les biathlètes français qui sont habitués à l’IBU Cup.
Essayez-vous de prendre des conseils auprès d’Eric Perrot, Quentin Fillon Maillet et d’autres ?
Dans le biathlon, les équipes n’aiment pas trop parler de leurs entraînements. Les Français sont au plus haut niveau et ne souhaitent pas dévoiler leurs petits secrets.
Ils ne vous considèrent pourtant pas encore comme un concurrent direct, si ?
Ils devraient, ça va venir (sourire).
Concernant votre autre pays, avez-vous été tenté de parler de la situation politique aux États-Unis au sein de l’équipe de biathlon, surtout en profitant de la médiatisation des JO, comme l’ont fait plusieurs skieurs acrobatiques ?
Nous n’avons pas beaucoup de visibilité dans le biathlon aux États-Unis. C’est donc difficile d’avoir une prise de parole controversée quand tu n’as que de très rares interviews. Pour ma part, j’aimerais vraiment m’exprimer sur ce sujet, mais je ne peux pas. Étant sous contrat avec l’armée américaine, je n’ai pas le droit d’exprimer une opinion politique. C’est dommage, car j’ai une position assez engagée là-dessus (sourire).

Les échanges autour de l’administration Trump sont-ils fréquents entre vous à Anterselva ?
Oui, nous avons beaucoup de discussions à ce sujet, ce qui me plaît. Nous avons également reçu des courriels du Comité olympique des États-Unis pour nous informer qu’il nous soutiendrait, quelle que soit notre position politique. Je trouve d’ailleurs que les prises de position des athlètes américains ont été très courageuses. Surtout avec la réaction du président derrière (sourire). C’était osé, très osé…
Notre dossier sur les JO d’hiver 2026
Finalement, ressentez-vous l’esprit olympique depuis ce site de biathlon d’Anterselva-Antholz à l’occasion de vos premiers JO ?
Nous sommes un peu bloqués ici. Quand on m’interroge sur cette idée d’expérience olympique, j’avoue que je n’ai pas vraiment l’impression d’être aux Jeux. Nous sommes ici chaque année en Coupe du monde, c’est la même course. C’est juste un peu différent à cause du stress et du sommeil réduit. Bon, il y a des années olympiques partout, alors tu te dis : « Quand même, il y a des Jeux ici »…

