À l’approche du Ramadan, la société civile dénonce une hausse des prix.
Plusieurs associations de protection du consommateur dénoncent ce qu’elles qualifient de « contrôle saisonnier » du marché et estiment que les opérations de surveillance des prix demeurent ponctuelles. La loi n° 31-08 impose l’obligation d’informer clairement le client sur les prix des produits et services proposés, tandis que la loi 104-12 encadre les mécanismes du marché et sanctionne les pratiques anticoncurrentielles.
A quelques jours du mois sacré de Ramadan, période souvent marquée par une augmentation significative de la consommation des ménages, plusieurs associations de protection du consommateur dénoncent ce qu’elles qualifient de « contrôle saisonnier » du marché. Elles estiment que les opérations de surveillance et de contrôle des prix et de la qualité des produits mis en vente restent ponctuelles et ne s’intensifient qu’à l’approche des grandes échéances, notamment religieuses, alors qu’elles devraient s’inscrire dans une dynamique permanente et rigoureuse.
Chaque année, le même phénomène se reproduit et le même constat s’impose : hausse des prix de certains produits de première nécessité, spéculation sur des denrées très sollicitées, surtout les légumes, les fruits, les viandes, les dattes ou certains produits transformés, ainsi qu’un manque quasi-total de transparence dans les circuits de distribution.
Parmi les pratiques les plus critiquées par les associations de protection du consommateur, on constate également l’absence d’affichage clair et lisible des prix dans de nombreux commerces. En effet, la loi sur la protection du consommateur impose de clairement informer le client sur les prix des produits et services proposés. Cette exigence vise à garantir la transparence des transactions et à permettre au consommateur de comparer les offres librement.
D’autre part, dans les marchés de proximité et certains points de vente, des associations relèvent que les prix sont souvent communiqués oralement et fluctuent d’un client à l’autre ou d’heure en heure, sans justification claire. Cette situation fragilise particulièrement les ménages modestes.
Les associations de protection du consommateur dénoncent également la spéculation. À l’approche du Ramadan, la demande augmente systématiquement et mécaniquement, des intermédiaires profitent de cette conjoncture pour imposer des hausses excessives, souvent sans lien direct avec les coûts réels de production, de distribution ou d’approvisionnement.
À ce sujet, des acteurs associatifs appellent à renforcer le contrôle des circuits de distribution et à améliorer la traçabilité des produits pour limiter les marges abusives et les pratiques anticoncurrentielles.
Dans cette même optique, les associations se plaignent de « l’absence d’observation stricte et continue des dispositions prévues par la loi sur la protection du consommateur », une loi qui régit plusieurs aspects essentiels tels que l’information loyale, l’affichage des tarifs, la conformité des produits, l’interdiction des pratiques commerciales trompeuses et le respect des conditions d’hygiène et de sécurité.
Ainsi, pour la société civile, le problème ne réside pas dans l’existence d’un arsenal juridique mais dans son application effective, régulière et assidue. « Le contrôle ne doit pas être conjoncturel ou médiatique. Il doit être structurel, permanent et dissuasif », estime un responsable associatif.
Dans ce contexte d’approche du mois sacré, les organisations de défense des consommateurs appellent les autorités compétentes à multiplier et intensifier les inspections et le contrôle, à sanctionner les infractions constatées tout en publiant les résultats des commissions de contrôle afin d’instaurer un climat de confiance. Elles invitent aussi les commerçants à adopter une démarche responsable et éthique, rappelant que le Ramadan est un mois de piété, de solidarité et de modération.
Enfin, lesdites associations encouragent les citoyens à signaler toute pratique frauduleuse et abusive et à faire valoir leurs droits, estimant que la vigilance collective constitue un levier essentiel pour un assainissement durable du marché.
Rachid Meftah
Sur le plan juridique, le Maroc dispose d’un cadre normatif relativement étoffé. La loi n° 31-08 édictant des mesures de protection du consommateur constitue le texte de référence. Elle consacre notamment :
– L’obligation d’information du consommateur (article 3 et suivants)
– L’affichage clair et lisible des prix (principe de transparence tarifaire)
– L’interdiction des pratiques commerciales trompeuses
– Le droit à la sécurité, à la qualité et à la conformité des produits.
En complément, la loi 104-12 relative à la liberté des prix et de la concurrence encadre les mécanismes du marché tout en sanctionnant les pratiques anticoncurrentielles, les ententes illicites et les abus de position dominante. Elle prévoit également des mécanismes de contrôle contre les hausses artificielles ou concertées des prix.

