Omra et tourisme spécialisé : opportunités pour commerce, artisanat et emploi en Tunisie.
Le tourisme religieux, en particulier la « Omra », représente un segment avec un potentiel élevé pour l’économie tunisienne et contribue directement à l’activité économique. Selon Bilel Lajmi, président du comité « Al-Omra », cette activité génère des emplois directs et saisonniers, tandis que les recettes touristiques en Tunisie ont dépassé les 7 milliards de dinars en 2024.
Le tourisme religieux, notamment la « Omra », représente un segment à fort potentiel pour l’économie tunisienne. Cette activité dynamise les agences de voyages, stimule les services de transport et crée des opportunités pour le commerce et l’artisanat, en contribuant à la création d’emplois et au soutien des entreprises locales tout au long de l’année.
La « Omra » est aujourd’hui un des piliers du tourisme religieux en Tunisie, apportant un soutien direct à l’activité économique. Bilel Lajmi, président du comité « Al-Omra » à la Fédération interprofessionnelle du tourisme tunisien, a précisé que cette activité constitue un levier important pour plusieurs secteurs, en particulier les agences de voyages spécialisées et les commerces associés, tels que l’habillement, les cadeaux ou les produits traditionnels.
Selon lui, cette dynamique soutenue permet d’augmenter les flux de devises en Tunisie, grâce aux dépenses engagées auprès des agences, des compagnies aériennes et des prestataires locaux qui organisent et accompagnent les voyages de la Omra. Ce secteur génère des emplois directs et saisonniers et active l’économie, étant donné que la participation des Tunisiens à la « Omra » continue d’augmenter.
Les retombées économiques de la « Omra » et de ses activités associées sont significatives, en particulier pour le secteur du transport et du tourisme. En effet, les périodes de la « Omra » entraînent une forte activité pour les compagnies aériennes, notamment Tunisair, et pour les agences de voyages agréées. Les programmes de la « Omra » génèrent des flux réguliers de devises et contribuent à diversifier l’offre touristique, jouant ainsi un rôle clé dans la lutte contre le chômage.
Bilel Lajmi a ajouté que la « Omra » stimule aussi les activités commerciales connexes. Avant et après les départs, on observe une hausse de la demande pour les produits de prêt-à-porter, les parfums et les articles traditionnels, ce qui engendre une augmentation des transactions commerciales et soutient concrètement l’activité de nombreux commerçants et artisans.
Il a également souligné l’impact positif sur la balance des paiements. Les services de transport, d’hébergement et les prestations liées aux voyages religieux participent à l’entrée de devises et aident à réduire la pression sur la balance des paiements tunisienne. En 2024, les recettes touristiques en Tunisie ont dépassé les 7 milliards de dinars. Le tourisme religieux, comprenant la « Omra » et le « Hajj », s’affirme comme un secteur à fort potentiel au sein de cette industrie stratégique.
Globalement, Lajmi a précisé que la « Omra » constitue un levier complémentaire essentiel pour le système touristique tunisien, apportant des ressources financières régulières et soutenant l’activité des entreprises tout au long de l’année.
Cependant, il a insisté sur la nécessité d’une supervision et d’une régulation renforcées du secteur, notamment par la révision des conditions d’agrément des agences, l’intensification des programmes d’information et de sensibilisation pour les pèlerins, ainsi qu’un meilleur encadrement juridique. Ces mesures ont pour but de garantir les droits financiers et matériels des pèlerins et de leur permettre d’accomplir la « Omra » dans des conditions sûres et conformes à la législation.
Il a également averti sur le recours persistant de certains pèlerins à des intermédiaires non agréés, attirés par des promesses souvent trompeuses. Cette situation entraîne des litiges concernant l’hébergement, le transport et la qualité des services. L’absence de contrats écrits est particulièrement préoccupante car elle affaiblit les garanties pour les pèlerins en cas de litiges et favorise des pratiques non conformes aux normes du secteur.
Dans ce cadre, Bilel Lajmi a conclu que la promotion des voyages de la « Omra » peut offrir d’importantes opportunités économiques pour les petites et moyennes entreprises et encourager la création d’emplois dans le secteur du tourisme. Cette activité dynamise les agences de voyages de catégorie « A », les compagnies de transport aérien et terrestre, ainsi que les services d’encadrement religieux. Elle crée également des occasions d’emploi pour les encadrants religieux, le personnel des agences et les professionnels du transport et de la logistique.
Enfin, le développement de la « Omra » pourrait être renforcé par la valorisation du tourisme religieux local, notamment à travers la visite de sites emblématiques, tels que la mosquée de la « Zitouna » et la mosquée « Oqba Ibn Nafaâ » de Kairouan, ce qui favoriserait l’activité des maisons d’hôtes et des structures d’hébergement.
Ces perspectives demeurent toutefois conditionnées par le respect strict des cadres contractuels et juridiques, la lutte contre les intermédiaires non agréés, la sélection rigoureuse des encadrants religieux et le renforcement de la coordination interministérielle, afin d’assurer des services de qualité et de protéger les pèlerins.

