À Binche, les Colombines s’affichent en suffragettes pour revendiquer un droit de danser.
Les Colombines se sont déguisées en suffragettes ce dimanche matin et aimeraient constituer une nouvelle société composée de femmes pour danser au carnaval de Binche. L’association pour la défense du folklore a interdit que les Colombines soient accompagnées d’un tambour, les contraignant ainsi à danser au son de la viole.

Ce dimanche matin, les Colombines se sont levées tôt et dans la bonne humeur. Cette année, elles ont choisi de se déguiser en suffragettes. « Au début des années 1900, il y a des suffragettes qui ont ouvert un chemin pour que les femmes puissent exister librement. C’est pour cela qu’aujourd’hui on porte fièrement et symboliquement leurs costumes pour porter leur courage et pour sillonner un chemin vers le droit de danser« , déclare Violette Dufour, co-fondatrice des Colombines.
Pour pouvoir danser au carnaval de Binche, il est impératif d’être une société, c’est-à-dire un groupe d’hommes. Au carnaval de Binche, il existe 19 sociétés : quinze sociétés de Gilles et quatre sociétés de fantaisie comme les Arlequins. Les Colombines ambitionnent de former une nouvelle société, la première composée exclusivement de femmes.
Il y a quand même un peu de doutes sur les réactions qu’il pourrait y avoir.
Depuis deux ans, l’association pour la défense du folklore s’oppose à cette initiative. L’ADF a également prohibé que les Colombines soient accompagnées d’un tambour, ce qui les oblige à danser au son de la viole.
Pauline, nouvelle dans l’équipe, confie : « Je n’ai pas très bien dormi cette nuit« . Elle ajoute : « Il y a quand même un peu de doutes sur les réactions qu’il pourrait y avoir.«
Il est temps que les femmes aient une place au tambour.
Dans les rues de Binche, les avis sont partagés : certains défendent le folklore et les traditions binchoises, tandis que d’autres plaident pour une plus grande ouverture du carnaval, « qui est une fête pour tout le monde« .
Le débat divise également les sociétés de Gilles. Certains ont choisi de venir danser avec les Colombines ce dimanche pour montrer leur soutien. « C’est important, c’est le moment. Il est temps que les femmes aient une place au tambour, c’est essentiel« , souligne l’un d’eux.

