« LOL 2.0, N121 Bus de nuit : les algo-babies surpassent les nepo-babies »
Sophie Marceau revient au cinéma dans LOL 2.0, qui sort ce mercredi. Paola Locatelli et Just Riadh, influences à l’affiche de N121 Bus de nuit et LOL 2.0, sont critiqués par des internautes qui estiment que les influenceurs volent les places des acteurs traditionnels.
Les nostalgiques des adolescents d’antan attendent avec impatience de retrouver Sophie Marceau dans le rôle d’Anne, la petite sœur de Lola et le coup de cœur de toutes les jeunes filles de 2008, Maël. Le film LOL 2.0 fait son entrée au cinéma ce mercredi, offrant un casting mémorable d’anciens acteurs, mais aussi de nouvelles figures connues, telles que l’influenceuse Paola Locatelli. Cependant, à quelques jours de sa sortie en salle, de nombreux internautes y voient un favoritisme injustifié, arguant que les influenceurs prennent la place des véritables acteurs. On ne parle plus ici de nepo-babies, à part Louise interprétée par Thaïs Alessandrin, la fille de Lisa Azuelos, mais plutôt d’algo-babies.
À l’instar de Martine sous diverses professions, Paola Locatelli explore les rôles de youtubeuse, influenceuse, journaliste sur les tapis rouges, et désormais actrice. À seulement 21 ans, avec 1,9 million d’abonnés sur Instagram, elle attire l’attention des producteurs grâce à sa vaste communauté et fait ses débuts au cinéma dans Rapide ainsi que dans Les Liaisons Dangereuses, et plus récemment dans le film N121 Bus de nuit, où elle partage l’affiche avec l’influenceur Just Riadh, de son vrai nom Riadh Belaïche.
Et ce n’est pas tout… Lena Situations est également attendue dans une comédie d’horreur. De l’autre côté de l’Atlantique, Addison Rae a décroché le rôle principal dans Il est trop bien. La liste s’allonge dans un cinéma qui offre une place de choix aux algo-babies.
Le terme algo-babies, inspiré des nepo-babies, a été élaboré et popularisé début janvier par Romane Daily, créatrice de contenu spécialisée en cinéma et culture. « C’est un influenceur qui bénéficierait de privilèges grâce à sa notoriété et à son nombre d’abonnés. Il a un accès plus facilité aux secteurs fermés comme la musique, le cinéma ou encore le journalisme », explique à 20 Minutes une attachée de presse en cinéma.
Les algo-babies sont donc ces créateurs qui accèdent au grand écran non pas par un réseau familial, mais par l’algorithme, c’est-à-dire leurs statistiques sur les réseaux sociaux. Plus de buzz et de visibilité grâce à leurs abonnés, pour les producteurs, la logique est simple : plus de chances de remplir les salles et de financer le projet. Maya Hawke, fille d’Uma Thurman et d’Ethan Hawke, connue pour son rôle de Robin dans Stranger Things, en avait déjà parlé sans détour dans le podcast Happy Sad Confused. Selon elle, certains producteurs exigent un quota collectif de followers Instagram pour l’ensemble du casting afin de financer le film.
Pour la créatrice, « faire venir des influenceurs, c’est plus une question de communication et de marketing. On transforme les critères de sélection pour intégrer des personnes qui ne font pas partie du milieu artistique… » Romane Daily s’interroge surtout sur le sens artistique de ces choix et leurs implications. « Si c’est fait dans les règles, pourquoi pas, mais décrocher un premier rôle ainsi, sans expérience, pose problème. Ce n’est pas seulement prendre la place d’acteurs, cela pousse aussi les comédiens dans une course aux abonnés pour rivaliser. L’influenceur devrait se questionner sur sa légitimité dans ce rôle, sur sa formation, et pas simplement accepter une opportunité… »
Du côté des critiques, le ressentiment est palpable. Des acteurs en quête de rôles dans le 7e art dénoncent cette pratique qui privilégie « la renommée » à l’expérience. Paola Locatelli a alimenté le débat en affirmant lors d’une interview pour N121 Bus de Nuit qu’elle n’a pris la place de personne, se jugeant légitime. Just Riadh a confirmé qu’ils ne sont pas là par hasard.
Cependant, les internautes semblent douter. « On souffle très fort », écrit Elo ; « Personnellement, c’est frustrant quand on souhaite vraiment devenir acteur et que l’on s’en donne les moyens […] et je n’ai jamais rien eu parce que je n’ai pas 3 millions d’abonnés », commente Nals. Dans une autre vidéo pour Télé 7 Jours, elle raconte avoir raté un casting… avant de finalement décrocher un rôle. Pour beaucoup, cela prouve que la notoriété est plus importante que le CV.
La compétence, la formation théâtrale et l’envie de faire vivre l’art cinématographique passent, semble-t-il, au second plan face à l’attrait des influenceurs et à la viralité qu’ils apportent. C’est un atout indéniable pour le marketing, mais une menace pour le cinéma, selon Romane Daily.
Les influenceurs qui tentent leur chance au cinéma ont surtout du mal à convaincre le public. Sur Letterboxd, certains se lâchent. Pour le film Rapide, Sarah écrit : « Le jeu d’acteur de Paola est à mourir de rire, mais quel désastre s’il vous plaît. » Marie nuance : « La performance de Paola Locatelli est meilleure que celle de Gal Gadot dans Blanche Neige, à méditer. » Pour N121 Bus de nuit, Draxxounet reste mesuré : « Je m’attendais au pire, c’est surjoué, mais ça passe. » Thib67 est plus sévère : « Ça se dispute avec Silent Hill pour le flop 2026. Affligeant de nullité. Des stéréotypes à foison, et Paola Locatelli n’est toujours pas une bonne actrice. »

