Belgique

QR : Pourquoi ne pas fusionner les réseaux d’enseignement pour économiser ?

Les réseaux dans l’enseignement en Belgique se composent de quatre entités : le réseau officiel de la Fédération Wallonie Bruxelles (WBE), l’officiel subventionné par les communes et provinces, l’enseignement libre catholique (SEGEC) et le libre subventionné indépendant (FELSI). En ce qui concerne les élèves francophones de la Fédération Wallonie-Bruxelles, 50% fréquentent une école du réseau libre catholique, 35% du réseau officiel subventionné et 14,5% du réseau officiel de la Fédération Wallonie-Bruxelles.


Nathalie Sadzot, résidant à Villers-aux-Tours, a posé cette question : « Pourquoi conserve-t-on encore les différents réseaux dans l’enseignement ? Ne serait-il pas intéressant de les fusionner et peut-être réaliser des économies ? »

### Une spécificité bien belge

Les réseaux d’enseignement constituent une particularité typiquement belge. On y trouve :
– le réseau officiel de la Fédération Wallonie-Bruxelles (WBE) ;
– l’officiel subventionné par les communes et provinces ;
– l’enseignement libre catholique (SEGEC) ;
– et le libre subventionné indépendant (FELSI).

Bien que ce soit beaucoup de réseaux pour un territoire aussi petit que le nôtre, cette situation remonte à la création de la Belgique, entraînant de nombreux conflits. Des tensions qui ont culminé avec ce qu’on a appelé la « Guerre scolaire ». La paix a été établie en 1958 grâce à un Pacte scolaire accordant le libre choix des parents en matière d’enseignement.

### 50% des élèves francophones vont dans une école du réseau libre

Dans l’enseignement maternel et primaire, le réseau officiel subventionné par les communes et provinces et le libre se partagent les élèves. En revanche, dans l’enseignement secondaire, le SEGEC accueille à lui seul 61,2% des élèves. Un quart des élèves du secondaire est inscrit dans une école de Wallonie-Bruxelles Enseignement, le réseau officiel.

Sur les 900.000 élèves de la Fédération Wallonie-Bruxelles :
– 50% sont dans le réseau libre (SEGEC) ;
– 35% dans le réseau officiel subventionné (Communes et Provinces) ;
– 14,5% dans le réseau officiel de la Fédération Wallonie-Bruxelles (WBE).

### Un réseau unique

Bien qu’il soit tentant de fusionner et de rationaliser ces réseaux pour des raisons économiques, d’infrastructures et sociales, plusieurs études montrent que cette diversité offre sur le marché scolaire segmente la population scolaire avec peu de mixité sociale. Selon certains observateurs, cela pourrait être la principale source d’inégalité scolaire.

Un réseau unique permettrait aussi de rassembler les moyens humains, qui font cruellement défaut.

### Une fusion quasi impossible

Cela fait des décennies que l’on évoque une fusion des réseaux, mais aucun progrès n’a été réalisé. Quels sont donc les obstacles à cette fusion ?

D’abord, la Constitution protège la liberté d’enseignement et le choix des parents. De plus, la Fédération Wallonie-Bruxelles ne réaliserait que peu d’économies, étant donné que le financement public se fait par élève, peu importe l’école ou le réseau. Ainsi, une fusion n’aurait qu’un impact budgétaire négligeable.

Aujourd’hui, aucun réseau ne dispose des capacités nécessaires pour absorber les autres. Par exemple, racheter uniquement le patrimoine immobilier des établissements d’enseignement libre nécessiterait un montant de 9 milliards d’euros. En outre, quelle serait la vision d’une école unique ? Qui dirigerait ce réseau et avec quels programmes ?

Enfin, on sous-estime l’attachement émotionnel des familles à une école ou à un type d’enseignement, un facteur qui pourrait constituer le principal obstacle à toute fusion.

### QR répond à vos questions

Cet article a été rédigé en réponse à une question posée directement à la rédaction de la RTBF. Vous aussi, exprimez votre curiosité et posez-nous vos questions via le formulaire ci-dessous. Votre sujet pourrait inspirer notre prochain article « Questions-Réponses ».