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Japon : le parti de la Première ministre ultraconservatrice vers une majorité écrasante aux législatives

Sanae Takaichi, Première ministre japonaise, devrait reconquérir une écrasante majorité à la chambre basse du Parlement après les élections législatives de ce dimanche, selon les premières estimations des médias japonais. Le Parti libéral-démocrate (PLD) serait en mesure de remporter à lui seul plus de 300 des 465 sièges de la chambre basse – contre 198 jusque-là – et de retrouver la majorité absolue qu’il avait perdue en 2024.


La victoire semble très nette. Le parti de la Première ministre japonaise ultraconservatrice Sanae Takaichi, qui adopte une ligne stricte sur l’immigration, devrait retrouver une écrasante majorité à la chambre basse du Parlement après les élections législatives de ce dimanche, selon les premières estimations des médias japonais.

Profitant d’un état de grâce moins de quatre mois après son entrée en fonction, Sanae Takaichi, première femme à diriger le Japon, pourrait voir le Parti libéral-démocrate (PLD) et son allié, le Parti de l’innovation (Ishin), décrocher même la majorité des deux tiers au sein de l’assemblée, selon la chaîne de télévision publique NHK.

Si ces projections se confirment, il s’agirait du meilleur résultat pour le PLD depuis 2017, époque à laquelle le parti était dirigé par Shinzo Abe, le mentor de la Première ministre, assassiné en 2022. Le PLD pourrait remporter plus de 300 des 465 sièges de la chambre basse – contre 198 auparavant – et retrouver ainsi la majorité absolue qu’il avait perdue en 2024. Les résultats officiels ne devraient être publiés que dans la journée de lundi.

### Une économie « forte et résiliente » au programme

« Nous avons obtenu le soutien des électeurs pour les politiques budgétaires responsables et proactives de la Première ministre Sanae Takaichi, ainsi que pour le renforcement des capacités de défense nationale », a déclaré le secrétaire général du PLD, Shunichi Suzuki, devant les médias après l’annonce des premiers résultats.

Sanae Takaichi a promis ce dimanche soir de mettre en œuvre une politique budgétaire « responsable » et de « construire une économie forte et résiliente », alors que ses premières annonces ont inquiété les marchés et fait augmenter les rendements de la dette nippone. La dirigeante a notamment dévoilé un plan de relance équivalent à plus de 110 milliards d’euros et a promis d’exempter les produits alimentaires de la taxe à la consommation de 8 % afin d’atténuer l’impact de la hausse du coût de la vie sur les ménages.

L’inflation demeure un des principaux sujets d’inquiétude, avec une hausse des prix supérieure à 2 % depuis près de trois ans. Sanae Takaichi a également suscité la confusion la semaine dernière en vantant les avantages d’un yen faible, alors que son ministre des Finances a insisté sur le fait que Tokyo interviendrait pour soutenir la devise.

### L’immigration dans son viseur

La dirigeante de 64 ans a insufflé un nouvel élan au PLD, au pouvoir presque sans interruption depuis des décennies, mais qui avait perdu la faveur des électeurs en raison de la colère suscitée par l’inflation et un scandale de « caisses noires ». Grande admiratrice de Margaret Thatcher, elle s’est engagée à « pousser le bouton de la croissance ». Concernant l’immigration, elle a affirmé que les critères « sont déjà devenus un peu plus stricts, afin que les terroristes, mais aussi les espions industriels, ne puissent pas entrer facilement ».

Face à la Première ministre, la nouvelle Alliance réformiste centriste, qui regroupe le principal parti d’opposition, le Parti démocrate constitutionnel (CDP), et l’ancien partenaire du PLD, Komeito, pourrait, pour sa part, perdre plus de deux tiers de ses sièges actuels. En ce qui concerne le parti anti-immigration Sanseito, il pourrait obtenir entre 5 et 14 sièges, contre 2 actuellement, selon la NHK.