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Tempête Leonardo : Un mort et alerte rouge au Portugal

La péninsule ibérique affronte toujours jeudi les conséquences de la dépression Leonardo, avec des pluies exceptionnelles ayant causé d’importantes inondations et des milliers d’évacuations dans le sud de l’Espagne. Au Portugal, le risque de crue du Tage est passé au niveau rouge, son niveau maximal, et a conduit à l’évacuation obligatoire des zones riveraines en l’espace de sept heures.


La péninsule ibérique continue de faire face jeudi aux conséquences de la dépression Leonardo. Des pluies exceptionnelles ont entraîné d’importantes inondations et des milliers d’évacuations dans le sud de l’Espagne. Au Portugal, une alerte rouge concernant le risque de crue du Tage a été déclenchée. Une personne a perdu la vie au Portugal et une femme, tombée dans un cours d’eau, est portée disparue en Andalousie, comme l’indiquent les bilans officiels.

Cette péninsule est en première ligne face au dérèglement climatique en Europe et subit depuis plusieurs années des vagues de chaleur de plus en plus longues ainsi que des épisodes de précipitations intenses et fréquentes. La tempête Leonardo est la sixième tempête majeure survenue depuis le début de l’année 2026, en à peine plus d’un mois, selon l’agence météorologique espagnole (Aemet).

Au Portugal, le risque de crue du Tage a atteint le niveau rouge, le maximum, pour le district de Santarém, a déclaré en milieu de journée l’Autorité nationale de protection civile. Les autorités municipales de la commune ont ordonné l’« évacuation obligatoire » des zones riveraines dans les sept heures. Mario Silvestre, commandant national de la protection civile, a souligné en conférence de presse : « Nous n’avions pas connu une telle situation dans le bassin du Tage depuis 1997. »

**Deuxième mois de janvier le plus pluvieux depuis 2000 au Portugal**

À Alcacer do Sal, situé à une centaine de kilomètres au sud de Lisbonne, le fleuve Sado a débordé, inondant les rues du centre-ville et contraignant près d’une centaine d’habitants à évacuer. Le président Marcelo Rebelo de Sousa a réagi sur place jeudi matin en disant : « C’est impressionnant ! »

La maire de la ville, Clarisse Campos, a affirmé qu’elle n’a « pas le souvenir » d’avoir déjà observé une telle tempête dans sa commune de 11 000 habitants. Une semaine après le passage dévastateur de la tempête Kristin, qui a causé cinq décès dans le pays, 76 000 clients sont toujours privés d’électricité.

Le Portugal a enregistré son deuxième mois de janvier le plus pluvieux depuis 2000, selon l’agence météorologique nationale (IPMA). En Espagne, à Grazalema, commune d’Andalousie particulièrement touchée, « en l’espace de seize heures, il a plu pratiquement autant que ce qui tombe en un an dans la région de Madrid », a déclaré le président régional Juan Manuel Moreno.

Il a ajouté : « En Andalousie, aux mois de janvier et février, nous avons toujours eu l’anticyclone des Açores, qui a été une sorte de barrière de protection grâce à laquelle nous avions habituellement du soleil en hiver. » Il a évoqué des précipitations « jamais vues auparavant » et une situation « difficile ».

La ville de Grazalema, située à 800 mètres d’altitude, suscite des inquiétudes chez les autorités, craignant que l’eau accumulée en surface, due aux sols saturés, ne provoque des inondations et des glissements de terrain en ruisselant en aval. Sur place, l’eau continuait de s’écouler à un débit soutenu dans les petites ruelles pavées de pierre de la commune, sous une pluie persistante.

**« Des jours compliqués »**

À environ 170 km à l’est, à Dúdar, une rivière a complètement débordé, inondant les environs d’une eau brunâtre et contraignant les autorités locales à évacuer des résidents. Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a souligné : « Il est évident que ce sont des jours compliqués, difficiles. »

Jeudi matin, l’Aemet a diminué son alerte pour très fortes précipitations en Andalousie de « rouge », le niveau le plus élevé, à « orange », tout en mettant en garde contre des vents encore « très forts ». La Garde civile a précisé qu’elle est toujours « à la recherche » d’une femme tombée dans la rivière Turville, sur la commune de Sayalonga, à une cinquantaine de kilomètres de Malaga.

Des zones du centre et du nord-ouest de l’Espagne, situées à près de mille kilomètres, sont également sous alerte orange, principalement en raison de vents violents. Après leur suspension mercredi dans quasiment toute l’Andalousie, les cours ont repris dans certains établissements scolaires, mais pas dans les zones les plus touchées par les inondations. Le trafic ferroviaire et routier demeure largement perturbé jeudi.