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« Les Lionnes » sur Netflix : Quelle histoire vraie de braqueuses inspire la série ?

Les Lionnes, disponible ce jeudi sur Netflix, suit cinq femmes de la cité des Trévises qui décident de braquer une banque, déguisées en hommes, pour sortir de la précarité. Le gang des Amazones a commis sept attaques de banques entre janvier 1989 et juillet 1990 dans le Vaucluse, avant leur arrestation en 1991.


Une fiction qui vise à mêler braquage, comédie noire et chronique sociale. *Les Lionnes*, disponible ce jeudi sur Netflix, créée par Olivier Rosemberg (*Family Business*, *Super-Mâles*) et Carine Prévo (*Family Business*, *3615 Monique*), suit cinq femmes, résidentes de la cité des Trévises, qui décident de braquer une banque, déguisées en hommes, pour échapper à la précarité. Une intrigue qui évoque un fait divers bien réel. Explications.

Leur premier coup leur permet de s’emparer d’un butin de 36 280 euros, une somme considérable à leurs yeux. Entraînées dans un cycle de récidive, elles attirent l’attention de la police, du maire (François Damiens) et du caïd local, Ezéchiel (Olivier Rosemberg). Ces derniers se lancent à leur poursuite, ignorant que derrière ce groupe se cachent des mères de famille et des travailleuses invisibles.

### Qui sont les vraies Lionnes ?

Les Lionnes prennent vie. Rebecca Marder incarne Rosi, mère de famille surendettée, contrainte de vivre avec 30 euros par semaine pendant que son mari est en prison. Zoé Marchal joue une jeune femme bipolaire, aspirant à devenir esthéticienne, qui vit encore chez ses parents.

Naidra Ayadi impressionne en tant que Sofia, mère célibataire en danger de perdre la garde de ses enfants, avec une mère à charge et récemment licenciée par un supérieur abusif. La benjamine, interprétée par Tya Deslauriers, est étudiante et amoureuse d’une fille issue d’un milieu fortuné. Enfin, Pascale Arbillot incarne Chloé, épouse d’un politicien opportuniste et machiste, piégée dans un mariage toxique.

### Qui sont les Amazones ?

L’intrigue de cette nouvelle série Netflix fait écho à celle du gang des Amazones, une bande de cinq braqueuses qui a réalisé sept attaques de banques entre janvier 1989 et juillet 1990 dans le Vaucluse avant leur arrestation en 1991.

Amies d’enfance originaires de l’Isle-sur-la-Sorgue, Hélène, Laurence, Carole, Cathy et sa sœur Malika partagent un quotidien difficile : pas de formation, pas de travail fixe, des dettes et des enfants à élever seules. Elles décident de se tourner vers le braquage pour survivre.

### Le gang des moustachues

Qu’est-ce qui les pousse à passer à l’acte ? L’une d’elles, mère célibataire de trois enfants, doit rembourser un trop-perçu de la Caisse d’allocations familiales d’un montant de 9 000 francs (2 000 euros). « On n’avait pas assez d’argent pour nourrir correctement nos enfants, on en a eu marre. Il fallait trouver une solution. Je me sentais incapable de me prostituer, de vendre de la drogue ou de voler des gens. La seule solution, c’était le braquage », confie Hélène au *Monde* en 1999.

Leur mode opératoire ? À chaque braquage, elles se déguisent en hommes – perruques, fausses moustaches, papier journal glissé sous les combinaisons pour élargir les silhouettes – afin de brouiller les pistes. Elles attaquent les banques en plein jour avec une méthode rapide et précise. En trois minutes, elles s’emparent du butin, totalisant 337 000 francs, soit environ 78 000 euros aujourd’hui.

### Une source d’inspiration

À l’époque, ni les témoins ni les enquêteurs n’envisagent des femmes derrière ce gang. Les suspectes sont interpellées en 1991 lors de leur huitième braquage. Elles sont placées en détention préventive, devenant le « gang des Amazones » dans la presse. Jugées aux Assises de Carpentras en 1996, quatre des accusées sont acquittées, la cinquième écopant d’une peine supplémentaire d’un an.

Leur histoire continue d’inspirer : le documentaire *Que personne ne bouge !* en 1998, les films *Les Braqueuses* en 1994 et *Le Gang des Amazones* en 2025, ainsi que la pièce de théâtre *Trois Paquets de clopes et une R5* jouée en février 2025.