Tunisie

Voitures électriques : Ce qui manque le plus, c’est la conviction

La méfiance des Tunisiens vis-à-vis des voitures électriques est principalement due à l’absence de preuves concrètes concernant les infrastructures de recharge et le prix d’achat relativement élevé. Selon un récent sondage mené par les Victoires de l’automobile, 20% des Tunisiens envisagent l’achat d’une voiture à court terme.

Les publicités pour les voitures électriques se multiplient, mais le grand public reste hésitant. Cette indécision est alimentée par une méfiance naturelle chez les Tunisiens, qui souhaitent être au courant des dernières tendances sans s’engager trop rapidement, préférant attendre une validation par un mouvement significatif.
Actuellement, les conducteurs de véhicules électriques se sentent souvent isolés, observés par ceux qui circulent en voitures thermiques.

La Presse – Cette hésitation résulte principalement des rumeurs qui circulent sans preuves tangibles. Parmi celles-ci, le manque d’infrastructures de recharge (le temps de recharge peut être plus long que celui nécessaire pour faire le plein d’essence, même avec des bornes rapides), l’absence de bornes de recharge publiques (elles sont rares et surtout concentrées dans les villes, laissant les zones rurales mal desservies), le coût d’achat relativement élevé malgré les avantages fiscaux, les craintes concernant l’autonomie des véhicules, et les doutes sur la revente.

Un sondage récent réalisé par les Victoires de l’automobile indique que 20% des Tunisiens envisagent d’acheter une voiture à court terme.

Pour rassurer et convaincre les potentiels acheteurs, un simulateur disponible en ligne permet d’évaluer les économies réalisées.

Les économies portent sur les taxes douanières, l’entretien, les vidanges, les taxes, le coût du carburant, etc., entraînant une grande différence entre les véhicules thermiques et électriques.

Le retour sur investissement est convaincant

Un responsable technique d’une marque réputée souligne que « pour apaiser ces craintes, un important travail pédagogique est nécessaire. Cela dit, nous avançons. Notre monde doit suivre cette évolution qui implique tous les acteurs. Déjà, pour les véhicules où seules certaines pièces sont électriques, une formation est indispensable.

Il est interdit de manipuler quoi que ce soit, contrairement à ce qui est permis pour les voitures à carburant. Plus de bricolage, sous peine d’électrocution. En résumé, il y a un changement de mentalité vis-à-vis des voitures. La voiture électrique offre confort, économies et nouvelles obligations. Cela peut sembler complexe, mais le processus est progressif».

Adaptation de la logistique

Une adaptation logistique est inévitable. Les voitures électriques sont discutées depuis plusieurs années. Tous les pays doivent s’équiper en conséquence. Que ce soit sur une autoroute ou une route secondaire, des bornes de recharge doivent être installées. La question qui préoccupe le plus les futurs acheteurs de voitures électriques est celle-ci : que faire si mon véhicule s’arrête à cause d’une batterie épuisée ?

Les compagnies d’assurance et les agences chargées de dépanner les voitures en panne doivent également s’adapter. Cependant, ce processus n’a rien d’exceptionnel. Tout se met en place en temps voulu et l’obligation nécessite des reconversions. D’autres pays, bien plus grands que le nôtre, ont su s’équiper.

Les programmes de promotion touristique

Il est nécessaire de préciser les programmes de promotion touristique, en particulier dans une volonté de diversifier la clientèle. Les personnes souhaitant jouer au golf ou passer des vacances en famille en voiture électrique doivent pouvoir compter sur des bornes de recharge. Cela est essentiel.

Il est donc impératif que les décisions soient prises rapidement et avec les normes appropriées, sans se perdre dans des réunions interminables. Des décisions concrètes doivent être mises en œuvre rapidement, sans attendre des mois, voire des années. Nos concurrents s’équipent déjà.

Les voitures électriques, en attendant l’arrivée des voitures solaires, annoncées prochainement, constituent déjà une réalité.

Les centres de formation

Cela signifie que tout doit évoluer par rapport à la formation, par exemple, un mécanicien ne doit plus être formé uniquement sur le tas. Un bon niveau d’instruction ainsi que des centres de formation modernes sont indispensables. Ces centres doivent disposer de formateurs capables de transmettre leurs connaissances, car les risques sont considérables.

Cela ouvre des perspectives, tout en tenant compte que, partout dans le monde, il y a un manque de formateurs et de techniciens.

Il ne s’agit plus uniquement d’une adaptation, mais d’une véritable reconversion. Un métier décline tandis qu’un autre prend le relais.

Des inquiétudes

Pour les clients, la principale préoccupation demeure la revente, en cas d’insatisfaction. Bien qu’il existe des références pratiques et des éléments techniques indiscutables, le doute persiste. Et cela est compréhensible, nous n’en sommes qu’au début d’une nouvelle ère.

D’autres inquiétudes pour de potentiels acheteurs, ou tout du moins ceux qui y songent, concernent la durée de vie de la batterie, les lieux de recharge, les coûts associés, à domicile (en possédant ou non des panneaux photovoltaïques) ou dans les stations qui doivent s’équiper.

Le coût de l’entretien semble élevé. Les frais sont calculés par heure, nécessitant des rendez-vous et des délais d’attente, ce qui n’est pas pratique.

Combien de garages sont capables de réaliser les réparations sans compromettre la garantie du constructeur ?

Pour conclure, voici l’avis d’un potentiel acheteur d’une voiture électrique : «Tout d’abord, je ne vais pas vendre ma voiture actuelle. Mais j’ai décidé de franchir le pas. Je vais en acheter une, tirant parti des avantages proposés. Nous verrons bien. Je finirai par m’habituer».

Bonne chance!