Urbanisme : Quand le toilettage des villes aura-t-il lieu ?
Le NZZ am Sonntag décrit Tunis comme « une perle discrète de la Méditerranée, alliant harmonieusement une médina historique à une ville moderne d’influence européenne ». Selon les résultats annoncés début 2026, la commune de Sened a été sacrée « municipalité la plus propre de Tunisie » pour l’exercice précédent.
Dans un article récent, le NZZ am Sonntag, l’édition dominicale de la Neue Zürcher Zeitung, décrit Tunis comme « une perle discrète de la Méditerranée, alliant harmonieusement une médina historique à une ville moderne d’influence européenne ». Le journal suisse met en avant le charme, l’élégance et la richesse culturelle de la capitale, la présentant comme une destination authentique, loin du tourisme de masse.
Le NZZ invite à explorer une ville ancrée dans son héritage oriental tout en étant tournée vers la modernité.
La Presse — La commune de Sened, située dans le gouvernorat de Gafsa, a été désignée « municipalité la plus propre de Tunisie », selon les résultats annoncés début 2026 pour l’exercice précédent. Cette distinction souligne les efforts locaux en matière de gestion des infrastructures et le civisme des habitants, malgré des ressources limitées.
Sened a su se démarquer face à d’autres candidats grâce à une mobilisation forte pour l’hygiène et la propreté de ses rues.
Deux exemples, l’un au Nord et l’autre au Sud de la Tunisie, montrent qu’il est possible d’agir de manière civilisée pour donner une bonne image de ce que peuvent réaliser les Tunisiens et les Tunisiennes afin d’améliorer leur environnement de vie.
Nous sommes pourtant loin des comportements de nombreux citoyens qui ne prennent même pas la peine de jeter leurs déchets dans les poubelles prévues à cet effet, préférant les abandonner n’importe où. Cela inclut aussi ces jeunes qui, à bord de voitures luxueuses, jettent bouteilles ou emballages par les fenêtres.
Il y a aussi ces voisins qui jettent à l’aveugle un sac plein de déchets entre deux maisons, sans se soucier des cris, menaces et complications qui pourraient s’ensuivre.
La municipalité de Tunis a prévu de consacrer cette année plus de 4 millions de dinars au développement du réseau d’éclairage public ainsi qu’à la construction de routes et de trottoirs, avec un million de dinars pour l’aménagement des espaces verts et un autre million pour la maintenance, la construction d’installations sportives et le renforcement des infrastructures.
Il était temps, car de nombreux citadins commencent à s’inquiéter pour leur qualité de vie et le prestige de leur ville, prestige qui se dégrade au fil des ans dans une forme d’inertie coupable.
Certes, des moyens financiers font défaut, mais ce retard coûtera plus cher, en raison de la détérioration des infrastructures. Le mobilier urbain dans le centre-ville, en particulier, présente des rues et ruelles avec des trottoirs endommagés, des pylônes défectueux, des fils qui pendent, des abribus abîmés, des ronds-points mal entretenus, des arbres non élagués et des chaussées jonchées de nids-de-poule.
L’entretien urbain implique des actions de nettoyage, de restauration du patrimoine et d’aménagement paysager.
Cependant, il n’est jamais trop tard pour bien faire et le fait que l’on ait répondu aux attentes des habitants et de leurs représentants constitue déjà une victoire contre l’immobilisme. Le budget repose sur une approche participative, et près de 85 % des demandes formulées par les conseils locaux pour le développement des infrastructures dans les circonscriptions de la municipalité de Tunis ont été prises en compte.
C’est une étape considérable, bien qu’inadéquate par rapport aux efforts nécessaires. Cependant, nous espérons qu’une fois les travaux débutés, ils continueront sur cette lancée.
Il est également indispensable d’évoquer la situation des banlieues proches. Le Grand Tunis, désignant souvent Ben Arous et l’Ariana, nécessite aussi des améliorations. À l’Ariana, des initiatives sont en cours, mais pas suffisamment, surtout au cœur de la ville. Les déchets et objets encombrants entravent la circulation et le stationnement, tandis que l’occupation des trottoirs et de la chaussée est permanente, sans réactions adéquates.
La saleté a également défiguré la Cité des roses avec l’ouverture anarchique de commerces liés au Ramadan.
Une fois Ramadan terminé, il est crucial de reprendre la situation en main et de rétablir l’ordre. C’est réalisable, car cela a déjà été fait par le passé, au grand bonheur des résidents qui avaient perdu espoir face à ces envahisseurs. Cette cité est, rappelons-le, jumelée avec Grasse, la capitale mondiale des roses.
En résumé, le Grand Tunis mérite un toilettage qui tarde à se concrétiser.
Les mesures prises, soutenues par un budget disponible, pourraient permettre de remettre de l’ordre. Une fois les fortes pluies passées et le printemps arrivé, les projets de travaux pourraient débuter.
Cependant, pour un pays qui accueille 11 millions de touristes et souhaite en attirer davantage, ce n’est pas uniquement la capitale qui a besoin d’un urgent toilettage…

