Tunisie

Une bachelière tunisienne doit absolument savoir distinguer le « moyen » de la « moyenne » – Actualités Tunisie Focus

Comme prévu, ceux qui ont tiqué en découvrant que la lauréate de Gafsa disait « moyen » à la place de « moyenne » reçoivent, depuis hier, de rudes volées de bois vert de la part des donneurs de leçons.

Ces derniers, se fendant d’un discours dégoulinant de morale bien-pensante, de bons sentiments et d’identitarisme imbécile, ont du mal à comprendre que ce n’est pas la jeune bachelière qui est désignée à l’opprobre publique – nul ne peut contester son mérite ou lui refuser les louanges auxquelles elle a droit -, mais une politique d’annihilation de la langue française pour des raisons identitaires et idéologiques.

L’école tunisienne ne doit pas perdre la trace d’une francophonie profondément enracinée sous nos cieux. Il faut rendre à César ce qui est à César, il faut rendre à la langue française tout le mérite qui lui revient. Qu’on le veuille ou non, le français a fait son histoire en Tunisie. Pendant plusieurs générations, nous regardions vers la France et nous nous en sommes inspirés. Le français a fini par devenir une composante essentielle de l’identité d’un très grand nombre de Tunisiens.

Aujourd’hui, nous sommes en train de tourner le dos non seulement à une culture et une civilisation, mais à une langue qui a, tout au long du vingtième siècle, engendrée une élite éclairée.

Détruire la langue de Molière équivaut à détruire une assise éducative qui a donné de bons résultats, qui a donné naissance à de brillantes générations.

Libre à vous de ne témoigner aucune reconnaissance à l’égard de la langue française, mais c’est cet état d’esprit, soit cette tolérance à l’égard des fautes de français et tous ces prétextes et raisons que l’on invoque à chaque fois pour justifier l’injustifiable et tranquilliser les consciences (3adech bih !

Même les Français commettent des fautes), qui est en grande partie à l’origine de la mort du français en Tunisie.

Donc, oui ! Je persiste et signe : une bachelière tunisienne doit absolument savoir distinguer le « moyen » de la « moyenne ». Et ce n’est pas un luxe que de le faire !

Pierrot LeFou