Tunisie

Tunisie 2026 : Projets structurants en phase de planification et de réalisation

L’année 2026 marque le lancement effectif d’une nouvelle phase de grands chantiers destinés à transformer en profondeur le visage de la Tunisie. Le projet d’extension de l’aéroport international de Tunis-Carthage vise à porter la capacité d’accueil de l’aéroport de 5 millions à 18,5 millions de passagers par an d’ici fin 2031.

Les promesses écrites laissent place à des actions concrètes. Grâce à l’initiative du Chef de l’État, l’année 2026 marque le début de la mise en œuvre réelle des grands projets d’infrastructure, soutenus par une stabilité régionale solide.

La Presse — L’année 2026 semble signifier le commencement effectif d’une nouvelle phase de grands travaux visant à transformer la Tunisie en profondeur. L’accélération de l’application de plusieurs projets stratégiques, intégrés dans le Plan de développement 2026-2030, indique la volonté des autorités d’entrer dans une phase de réalisation concrète.

Dans ce cadre, de nombreux préparatifs administratifs et techniques ont été amorcés, permettant à plusieurs projets structurants de passer de la planification à l’exécution.

Cette dynamique laisse présager le début effectif de grands projets d’infrastructure, susceptibles de soutenir la croissance économique, moderniser les équipements du pays et accroître l’attractivité de la Tunisie dans les années à venir.

Cela confirme les déclarations de la Cheffe du gouvernement, qui a affirmé devant l’ARP à la fin de l’année 2025 que sous la présidence de Kaïs Saïed, «la Tunisie est en mesure d’ouvrir un nouveau chapitre de succès et d’espoir», mentionnant que «l’année 2026 marquera le véritable point de départ de la nouvelle Tunisie, celle en laquelle nous croyons et que nous bâtissons ensemble, fondée sur le progrès, le développement et la prospérité».

Sous les instructions du Président de la République, qui a demandé d’accélérer la mise en œuvre des grandes initiatives économiques et d’infrastructure, un Conseil ministériel restreint s’est réuni en février dernier pour donner un coup d’envoi concret à quatre projets structurants, avec des mesures opérationnelles pour surmonter les obstacles, respecter les délais et transformer les plans et promesses en emplois, croissance et modernisation visibles au quotidien.

Ces projets incluent la réalisation d’un train à grande vitesse (TGV) ainsi qu’un corridor ferroviaire performant reliant le nord et le sud du pays, une liaison ferroviaire entre l’aéroport international Tunis-Carthage et le centre-ville de Tunis, l’extension de l’aéroport international Tunis-Carthage, et un port en eaux profondes ainsi qu’une zone de services économiques et logistiques à Enfidha.

TGV et corridor ferroviaire à haute performance

Le TGV et le corridor ferroviaire à haute performance se placent en tête des grands projets d’infrastructure, servant de levier stratégique pour la cohésion territoriale.

Destiné à désenclaver les régions, ce projet doit garantir une continuité ferroviaire reliant Bizerte à Ben Guerdane, tout en connectant les principaux pôles urbains, infrastructures publiques, ports et zones logistiques.

Le tracé prévoit une interconnexion avec le réseau ferroviaire algérien à Annaba via les lignes 1 et 2 (Tabarka – Nefza – Mateur – Jedaida), et se prolongera avec une nouvelle infrastructure jusqu’à Ras Jedir, desservant Mareth et Médenine, avec un raccordement stratégique au port de Zarzis.

Au-delà de son impact sur le développement économique, social et la création d’emplois, cette ligne sera une plateforme pour l’intégration future de la Tunisie dans des réseaux ferroviaires régionaux plus vastes, renforçant ainsi son ancrage maghrébin et africain.

Projet d’extension de l’aéroport international de Tunis-Carthage

Le ministère du Transport a annoncé le lancement d’un vaste programme d’extension de l’aéroport international de Tunis-Carthage, très attendu par le public, qui a vieilli ces dernières années.

Cette initiative vise à porter la capacité d’accueil de l’aéroport de 5 millions à 18,5 millions de passagers par an d’ici fin 2031, garantissant ainsi sa continuité d’exploitation au-delà de 2050.

Le projet de construction d’un nouvel aéroport a été, pour le moment, abandonné, a précisé le ministère.

Le ministère indique que cette extension a été inscrite dans le budget d’investissement de l’Office de l’aviation civile et des aéroports (Oaca) pour 2026, avec un coût initial estimé à 3 milliards de dinars.

Le projet comprend la construction et l’équipement d’une nouvelle aérogare capable de traiter 11 millions de passagers par an, ainsi que la réorganisation et l’extension partielle de l’aérogare actuelle pour porter sa capacité à 7 millions de passagers. Il prévoit aussi un nouveau bâtiment technique et une tour de contrôle modernisée.

Parmi les autres éléments se trouvent une nouvelle unité de protection et de lutte contre les incendies, ainsi qu’une centrale électrique et une station de pompage et de stockage d’eau pour répondre aux besoins accrus.

Ce programme représente un tournant pour l’infrastructure aérienne tunisienne, axé sur la modernisation des équipements, l’amélioration de l’accueil et le renforcement des services.

L’aéroport sera transformé afin de répondre aux normes internationales et d’accompagner la croissance continue du trafic aérien.

Enfin, le ministère envisage de récupérer l’aéroport international d’Enfidha-Hammamet à l’expiration de sa concession en 2047, avec l’option de le relier à Tunis-Carthage par un train rapide, renforçant ainsi les capacités d’accueil pour suivre l’évolution du trafic aérien.

L’extension de l’aéroport international de Tunis-Carthage s’inscrit dans une vision nationale intégrée du système aéroportuaire tunisien. Cette stratégie, axée sur la numérisation, vise à harmoniser les rôles des différents aéroports, garantir la cohérence des investissements avec les objectifs économiques et sociaux, soutenir le tourisme et renforcer la position de la Tunisie en tant que hub régional pour le transport aérien.

Projet de port en eaux profondes et d’une zone de services économiques et logistiques à Enfidha

Concernant ce projet structurant, le ministère du Transport a déjà présenté les mécanismes de financement et la feuille de route pour le futur port en eaux profondes d’Enfidha.

Ce projet stratégique pour la Tunisie doit accompagner l’augmentation du trafic maritime mondial et renforcer la position logistique du pays en Méditerranée.

À cet effet, le ministre du Transport, Rachid Amri, a dirigé une réunion consacrée au suivi du port en eaux profondes d’Enfidha et de sa zone de services logistiques. Des responsables du ministère, la PDG de la Société du port d’Enfidha, ainsi que des représentants des ministères de l’Économie, de l’Agriculture, de l’Équipement et de l’Environnement étaient présents.

La réunion a principalement abordé les modalités de financement du projet et le renforcement de sa feuille de route opérationnelle.

Le ministre a réaffirmé le caractère stratégique de ce port, justifié par la position géographique de la Tunisie au cœur d’une Méditerranée où transite 30 % du trafic maritime mondial.

Il a souligné la volonté de l’État de poursuivre la réalisation de ce projet dans le respect de la souveraineté nationale, en suivant une approche progressive articulée autour d’un calendrier et en cohérence avec les politiques environnementales du pays.

Face à l’intensification de la concurrence portuaire dans la région et aux avancées technologiques rapides du secteur maritime, le ministre a insisté sur la nécessité d’investir dans des ports de nouvelle génération.

Le futur port d’Enfidha permettra, selon ses prévisions, d’accueillir des navires de très grande capacité, de réduire les coûts logistiques, de renforcer l’attractivité des investissements et de soutenir la compétitivité des exportations tunisiennes.

Au-delà de ses dimensions maritimes, le projet s’inscrit dans une vision d’aménagement du territoire. Le ministre a rappelé que la troisième région du pays, reliant la frontière algérienne aux côtes orientales, pourrait se transformer en pôle logistique régional grâce au port, engendrant des retombées économiques pour l’ensemble du centre tunisien.

Ces infrastructures stratégiques devraient repositionner la Tunisie comme une plateforme régionale et internationale de commerce et de services, favorisant l’accès aux marchés extérieurs et l’intégration des différents modes de transport disponibles dans le pays.

Elles constituent également un levier important pour la création d’emplois, avec un potentiel significatif dans les secteurs aérien, portuaire, industriel et logistique.