Tozeur : Urgence d’une ceinture verte contre l’avancée des sables
À Tozeur, les routes vitales de la région s’effacent sous des vagues de sable de plus en plus agressives. Les axes routiers vitaux, tels que la route reliant Tozeur à Métlaoui et le tronçon vers Hézoua et Nefta, disparaissent sous des montagnes de sable, transformant des trajets ordinaires en expéditions à haut risque.

À Tozeur, le désert ne se contente plus de menacer ; il a déjà envahi la région. Alors que les routes essentielles sont englouties sous des vagues de sable de plus en plus intrusives, l’inaction des autorités est assourdissante.
Entre l’inaction administrative et la perte des méthodes traditionnelles de protection, la capitale du Djerid risque de suffoquer. L’urgence est palpable : serons-nous capables d’agir avant que l’oubli et le sable n’engloutissent à jamais nos villes ?
La Presse—Le Sud tunisien suffoque. Ce qui était autrefois un défi naturel saisonnier est devenu une menace vitale. À Tozeur, le désert ne se contente plus de bordurer nos oasis ; il ronge nos infrastructures, ferme nos routes et menace de submerger le cœur même de notre tissu urbain.
Un paysage de désolation quotidien
À chaque rafale de vent, le même scénario tragique se répète. Les voies de communication cruciales, véritables poumons économiques et sociaux de la région, sont ensevelies sous d’imposantes dunes de sable. Sur la route reliant Tozeur à Métlaoui, le tronçon stratégique vers Hézoua et Nefta, ou la liaison entre Hamma al-Djerid et Chebika, le constat reste identique : circuler est devenu un calvaire pour les conducteurs, piégés par des dunes mouvantes qui apparaissent en quelques heures, transformant des trajets ordinaires en périples à haut risque.
Le paradoxe de l’oubli : que sont devenues les solutions d’hier ?
Le plus désolant dans cette crise n’est pas son ampleur, mais le sentiment de régression. Il n’y a pas si longtemps, la lutte contre l’ensablement était une priorité opérationnelle, gérée avec pragmatisme et habileté.
L’installation de «tabias» (barrières de palmes), la stabilisation mécanique des dunes et les initiatives de reboisement constituaient une défense efficace contre l’avancée du Sahara.
Aujourd’hui, ces protections naturelles sont en déclin. Pourquoi ce savoir-faire a-t-il été négligé ? Pourquoi les budgets de maintenance semblent-ils avoir disparu ? Les solutions ne sont pas techniquement impossibles, elles manquent simplement.
Il n’est plus temps de rédiger des rapports ni de formuler des promesses. L’invasion du sable dans les zones urbaines de Tozeur est une réalité tangible qui grignote quotidiennement davantage de territoire. Les autorités locales et les ministères concernés doivent sortir de leur torpeur.
Il est crucial de relancer immédiatement les projets de stabilisation des dunes aux points critiques du réseau routier, d’investir massivement dans le reboisement stratégique et la création de ceintures vertes pour protéger les accès à la ville, et enfin de fournir aux municipalités les moyens matériels nécessaires pour une intervention rapide dès les premières alertes météorologiques.
La désertification n’est pas une fatalité, c’est le produit de l’abandon. Si aucune mesure n’est prise pour restaurer la barrière entre le désert et la ville, nous ne parlerons bientôt plus de Tozeur comme d’une perle du Djérid, mais comme d’un souvenir enseveli sous les sables.
La responsabilité de protéger notre terre et nos concitoyens doit être une priorité urgente.

