Tunisie

Tourisme tunisien : Reprendre la bonne trajectoire pour l’avenir

Le tourisme tunisien a enregistré plus de 11 millions de visiteurs à la fin de l’année en cours, battant ainsi le record de 2024. Les recettes du secteur s’élèvent à 7,9 milliards de dinars, contre 7,5 milliards une année auparavant.

Le secteur du tourisme en Tunisie continue de se porter bien, avec un record dépassant 11 millions de visiteurs enregistré à la fin de l’année 2025. Cependant, cette performance reste encore en deçà du potentiel réel du secteur.

Il y a donc des marges de progression, à condition de tracer une voie claire et cohérente.

Cela implique en particulier une amélioration de la connectivité aérienne, une offre plus personnalisée, le développement de nouvelles niches attractives et un effort d’investissement accru, surtout à l’échelle régionale.

La Presse — L’année 2025 se termine de manière favorable, affichant de bons indicateurs touristiques, au moins sur le plan quantitatif. Les dernières données confirment que le seuil de 11 millions de visiteurs, anticipé depuis la fin du premier semestre, a été atteint. Ce qui représente un nouveau record par rapport à 2024 et dépasse toutes les attentes initiales.

Cette performance coïncide avec un retour marqué de certains marchés traditionnels, notamment celui du Royaume-Uni, qui enregistre une moyenne de progression de plus de 40 %, tout comme le marché asiatique, surtout chinois, qui connaît une croissance d’environ 19 %.

En termes de recettes, les chiffres annoncent un montant global de 7,9 milliards de dinars, contre 7,5 milliards l’année précédente. Certes, cette légère augmentation des recettes est positive, témoignant d’une volonté manifeste d’enrichir et diversifier l’offre tunisienne, mais elle reste néanmoins jugée insuffisante par rapport au potentiel touristique national et en comparaison avec les performances de nos concurrents directs.

En Égypte, l’année touristique se distingue par un record historique d’environ 19 millions de visiteurs, soit une augmentation de 21 % par rapport à 2024, et des recettes s’élevant à environ 18 milliards de dollars (plus de 53 milliards en dinars).

Les experts attribuent cette évolution à la dynamique et à la fiabilité du trafic aérien, à la personnalisation de l’offre selon les particularités des marchés, à l’émergence de nouvelles destinations peu connues, ainsi qu’à l’essor de l’offre culturelle qui a permis d’améliorer son attractivité de 33,5 %. Il est également pertinent de noter que les perspectives pour les années à venir sont beaucoup plus prometteuses, avec des prévisions de 30 millions de touristes d’ici 2030.

Question de planification

Le tourisme marocain, qui prévoit 26 millions d’arrivées en 2030, présente également des signes de bonne santé, avec 19,8 millions de visiteurs, soit une augmentation de 14 %. Une performance qualifiée d’historique par tous, car c’est la première fois qu’il frôle les 20 millions.

Les mêmes analystes soulignent une trajectoire solide et durable, qui doit son succès en grande partie à une feuille de route axée sur l’amélioration de la connectivité aérienne, l’augmentation de la capacité d’hébergement, la diversification de l’offre, la garantie d’une qualité totale et la stimulation des investissements.

L’écart avec nos concurrents est indéniablement significatif, mais la Tunisie possède suffisamment d’atouts solides pour rattraper son retard, voire faire encore mieux. Une planification réfléchie, capable d’identifier les priorités stratégiques de notre secteur clé, est essentielle.

Ces priorités devraient porter particulièrement sur l’amélioration des liaisons aériennes, le renforcement des investissements à forte valeur ajoutée, l’identification de nouvelles niches et la valorisation de notre potentiel régional, qui pourrait faire la différence à lui seul. La formation professionnelle et la qualification doivent également être considérées comme des exigences incontournables.