Quitte ou double à Montplaisir

« Y mettre le feu » est une formule imagée dans un registre morbide, souvent utilisée pour exprimer ou plutôt exhaler la rancœur de celui qui, ayant choisi d’emprunter la voie du mal, sentant proches la fin de son aventure et l’heure de rendre des comptes, n’a plus qu’à jouer le tout pour le tout. Les circonstances, j’allais dire providentielles, où s’est produit l’événement auquel je fais une allusion à peine voilée, me font penser que l’on peut prendre, en l’occurrence et sans gros risques d’erreur, ladite formule à la lettre. Il en est une autre qui n’a pas tardé à lui faire écho et qu’en bon musulman je modifierai quelque peu de sorte qu’elle garde sa signification d’origine chrétienne en parlant de « mettre de l’eau dans son capucin » tant est sensible l’intimidation, subie cette fois, comme la laisse transparaître le discours tenu hier devant le Conseil National de Sécurité et qui fut émaillé des marques les plus empressées de compassion pour les malfaiteurs auxquels les foudres du 17 de ce mois avaient été promises. L’appel, dans la foulée, à la réconciliation ne laisse planer aucun doute sur le retour en douce au statu quo ante.

Abdessalem Larif