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Question de la semaine : Le mental en entrepreneuriat fait-il la différence ?

L’entrepreneuriat est une longue épreuve de patience, de persévérance et de résistance mentale, souvent ponctuée de démarches administratives et de défis financiers. Les échanges avec les investisseurs peuvent s’avérer éprouvants, nécessitant des critiques sévères et des doutes exprimés sans ménagement.

La Presse — Lorsqu’on débute en tant qu’entrepreneur, l’on a souvent la sensation que tout est réuni pour réussir : une idée novatrice, des partenaires adéquats et un contexte favorable semblent s’agencer pour initier une aventure entrepreneurial. Cependant, la réalité est souvent différente, car la vie d’un entrepreneur se traduit par des hauts et des bas. Dès que le parcours réel commence, la désillusion apparaît rapidement.

C’est précisément à ce moment que la notion de persévérance prend tout son sens. Être entrepreneur signifie également savoir gérer le stress, faire preuve de patience, prendre des risques calculés, faire preuve de créativité pour surmonter les obstacles et, surtout, être capable de s’adapter à des situations parfois inextricables.

Dans les faits, l’entrepreneuriat s’apparente avant tout à une longue épreuve de patience, de ténacité et de résistance. C’est un chemin parsemé de défis, où l’énergie et la motivation sont sans cesse mises à l’épreuve. La première confrontation avec la réalité survient rapidement : les démarches administratives. Création d’une société, obtention d’autorisations, validation de dossiers, satisfaction des exigences administratives…

Ces étapes, bien que nécessaires, se révèlent souvent éprouvantes. Elles ne concernent pas directement l’activité principale et créent souvent un sentiment d’inefficacité. Les délais se prolongent, des dossiers sont parfois rejetés, et les règles peuvent changer. L’une des étapes les plus redoutées suit : le financement. Obtenir des fonds lors de la création d’une entreprise n’est pas un processus simple.

Bien que l’entrepreneur puisse parfois s’appuyer sur le soutien de son entourage (appelé communément « love money »), convaincre des investisseurs s’avère beaucoup plus compliqué.

Pour ces investisseurs, le dossier d’un entrepreneur n’est qu’un parmi tant d’autres : ils visent principalement à minimiser les risques et à identifier les failles.

C’est pourquoi les échanges avec les investisseurs peuvent être éprouvants : critiques acerbes, questions troublantes et doutes exprimés sans retenue. À ce stade, les entrepreneurs peuvent réagir de deux manières.

Certains se laissent décourager, tandis que d’autres tirent parti de chaque critique pour progresser. Il convient d’être préparé aux refus, aux délais interminables et aux silences pesants. De nombreux ouvrages sur l’entrepreneuriat, tel le célèbre guide « De l’idée à la création d’entreprise : comment concrétiser votre projet », qualifient cette phase de cruciale, car elle teste la solidité du projet ainsi que celle de l’entrepreneur.

La levée de fonds ne se limite pas à une question d’argent : elle examine la capacité à persévérer, à se relever et à croire en son projet sans se laisser aveugler. Une fois que l’entreprise entre enfin en phase de production et de développement commercial, les désillusions prennent une autre forme.

L’intérêt pour l’offre peut se faire attendre et ne débouche pas toujours sur des achats. Ici encore, le temps joue un rôle déterminant. Conquérir un marché exige des ajustements constants, une adaptation continue de l’offre et une forte capacité à accepter les refus. En somme, il n’existe pas de parcours prédéfini.

L’entrepreneur doit apprendre à avancer sur plusieurs fronts, sans rester passive en attendant des réponses qui tardent à venir. Entreprendre implique d’accepter l’incertitude, de maîtriser ses émotions et de progresser malgré les doutes. Dans cette démarche, il faut insister, reformuler et relancer. Et surtout, ne jamais abandonner. Car, inévitablement, une solution finit toujours par se présenter. Se remettre en question ne signifie pas renoncer à sa vision, mais apprendre à mieux la défendre et à convaincre plus efficacement.