Tunisie

Question de la semaine : Comment transformer les silos en coopération efficace ?

Les silos organisationnels réduisent les canaux de communication et sapent l’efficacité et l’engagement des collaborateurs. Des études ont permis d’identifier des bonnes pratiques pour dépasser les silos, comme l’harmonisation des systèmes de récompense et la mise en place d’indicateurs de performance collaborative.


La Presse — Travailler en silo est l’une des pires situations en entreprise. Comme dans une équipe de football, une organisation réussit, se développe et progresse lorsque chaque membre participe au processus collectif qui fait avancer le groupe et génère de la valeur.

Le travail isolé n’a que peu de sens, tandis que la contribution collective aux objectifs de l’entreprise change la donne.

Les silos organisationnels représentent un véritable casse-tête pour les départements des ressources humaines et les managers : ils limitent les canaux de communication, établissent des barrières infranchissables de hiérarchie et de procédures complexes et, à terme, nuisent à l’efficacité et à l’engagement des employés.

Cette situation entraîne une diminution de la productivité (les équipes ne partagent pas leurs connaissances, ce qui provoque des pertes de temps et des efforts non productifs) et freine l’innovation, qui émerge uniquement de la confrontation des idées.

Le travail en silo engendre également une vision restreinte de l’entreprise, chaque équipe se focalisant sur ses propres objectifs plutôt que sur ceux de l’organisation.

Considéré longtemps comme un problème sans solution, le silo organisationnel n’est pourtant pas irrémédiable. Des études et des expériences ont permis d’identifier des pratiques efficaces pour les surmonter.

Parmi ces pratiques, l’harmonisation des systèmes de récompense et l’instauration d’indicateurs de performance collaborative se distinguent.

Ces mesures, qui vont au-delà de l’évaluation individuelle, incitent les groupes à franchir les frontières organisationnelles et à valoriser les succès collectifs.

Encourager l’expérimentation et le partage d’informations dans le cadre des démarches innovantes constitue également un puissant levier pour éliminer les barrières et favoriser la coopération.

De plus, la transparence dans la communication est souvent considérée comme un point de départ fondamental. Une information cloisonnée devient rapidement un frein au travail collectif.

À l’inverse, le partage ouvert des données permet d’éviter la formation de silos.

Lorsque chaque collaborateur a accès à des informations claires et accessibles, la confiance, essentielle à toute collaboration durable, s’établit, transformant les échanges et créant un climat favorable à la coopération.

Cependant, la communication à elle seule ne suffit pas. Les managers doivent également promouvoir les réseaux internes.

Les collaborateurs qui maintiennent des relations au-delà de leur service facilitent la circulation des connaissances et accélèrent la coopération.

Favoriser les échanges ou la création de groupes transversaux réduit ainsi les frictions entre départements et contribue à construire un environnement collaboratif. Le mélange des équipes constitue également un levier efficace.

En effet, faire travailler ensemble des collaborateurs provenant de secteurs variés génère des synergies nouvelles et stimule l’apprentissage mutuel.

Ces initiatives renforcent la compréhension des enjeux de chacun et solidifient le travail collectif. Comme le soulignent les nouvelles théories en management, la dimension humaine demeure primordiale.

La collaboration durable repose sur la confiance personnelle, qui se développe au fil des interactions, des échanges et des moments partagés.

Les célébrations, les simples moments de convivialité ou les discussions informelles au bureau contribuent à renforcer les liens entre collègues.

Ces relations humaines sont essentielles pour transcender les barrières organisationnelles et forger un véritable esprit d’équipe.