Qu’est-ce que la “ceinture bleue” de la Tunisie ?
Le ministre de l’Environnement, Habib Abid, a annoncé, lundi, le lancement de l’initiative du littoral, visant à protéger la Tunisie contre les risques d’érosion côtière et marine. Selon Marwa Douma, ingénieure à l’APAL, l’accord s’étend sur cinq ans et s’achèvera fin 2030.
Le ministre de l’Environnement, Habib Abid, a annoncé, lundi, le lancement de l’initiative du littoral, ou “ceinture côtière”, destinée à protéger la Tunisie contre les risques d’érosion côtière et marine.
Cette initiative, pour l’instant appelée “ceinture bleue”, s’inspirera de la “ceinture verte” et servira de barrière de protection du littoral face aux effets des perturbations météorologiques, notamment celles ayant frappé le pays ces deux dernières semaines et causé des dégâts, a déclaré le ministre lors d’une visite dans le gouvernorat de Médenine.
Il a souligné la nécessité de réviser le modèle de protection du littoral et de collaborer avec le secteur privé, les associations et d’autres partenaires, malgré les obstacles juridiques.
Le ministre a indiqué que les contours de cette initiative, encore à un stade préliminaire, consistent à établir des partenariats et des accords entre tous les acteurs, en tenant compte des moyens limités de l’Agence nationale de protection et d’aménagement du littoral (APAL) et de son incapacité à protéger à elle seule 340 km de côtes, notamment dans un contexte de changement climatique.
Par ailleurs, le ministre s’est rendu à l’île de Djerba, où il a présidé l’atelier de lancement du projet de soutien à la gestion efficace de la zone maritime et côtière de Ras Rmel. Lors de cet atelier, il a annoncé une intervention pour protéger six réserves, de l’île de Galite à l’île de Djerba, afin d’en faire un rempart pour la Tunisie, précisant que Djerba servira de modèle pour le lancement de projets similaires dans les réserves tunisiennes.
Il a également donné le coup d’envoi de l’accord relatif à l’élaboration d’un plan de gestion de la réserve côtière et marine de Ras Rmel, conclu entre l’APAL et l’Association Jlij pour l’environnement marin, financé par le Fonds de développement pour les aires marines et côtières protégées (AMCP). Il s’agit de la sixième convention de l’Agence pour mettre en œuvre des activités de gestion dans les espaces marins et côtiers, après celles de Galite, Zembra, les Kuriat, Kuriya et Kerkennah.
Marwa Douma, ingénieure à l’APAL, a précisé que l’accord s’étend sur cinq ans et se terminera fin 2030. Dans une première phase, plusieurs activités de gestion effective de la réserve de Ras Rmel seront mises en œuvre, avec un budget de 287 000 dollars.
Lors de cet atelier, un nouveau projet a également été présenté. Il se concentrera sur le littoral nord de l’île de Djerba, avec un rechargement artificiel des plages en sable sur une longueur de 9 km, pour un coût estimé à 85 millions de dinars et une durée de réalisation de 18 mois. Son lancement est prévu prochainement, après la finalisation des procédures de financement.

