Patrimoine archéologique : Découvertes maritimes inédites à explorer
La forte tempête Harry, qui s’est abattue sur les régions situées sur le littoral tunisien en janvier, a permis de mettre au jour des structures correspondant à des entrepôts utilisés à l’époque romaine et des vestiges archéologiques dans des régions telles que Nabeul, Sousse et Mahdia. Selon Ahmed Gadhoum, « les mécanismes de protection des sites archéologiques en bord de mer demeurent vulnérables en raison de leur exposition directe à l’érosion marine ».
Pas de fouilles archéologiques effectuées, la mer a révélé des vestiges archéologiques datant de l’époque romaine ou punique, une datation qui reste à confirmer par les experts de l’Institut national du patrimoine (INP).
En effet, les récentes pluies torrentielles ont endommagé des unités touristiques et des villas côtières, mais elles ont également facilité la mise au jour de nombreux vestiges archéologiques présents en Tunisie.
Cependant, ces découvertes inattendues sont exposées aux pillages et à la détérioration si elles ne sont pas rapidement préservées. Il est donc urgent d’évaluer ce patrimoine et d’assurer sa protection.
La Presse — L’événement est remarquable. La tempête Harry, qui a frappé les côtes tunisiennes en janvier, a permis de découvrir ce qui pourrait être des citernes, des thermes et des bassins de salaison (Garum), ainsi que des mosaïques enfouies sous le sable dans les régions de Nabeul (Sidi Mahrsi, Néapolis, Kerkouane), Sousse, plus particulièrement à Hergla sur la plage d’El Kortine, où des structures ressemblant à des entrepôts, utilisés pour le stockage de provisions et de marchandises à l’époque romaine, ont été mises au jour, ainsi que dans des sites à Mahdia (Borj Erras et Salakta), Bizerte et Sfax, révélant l’ampleur des richesses archéologiques jusque-là méconnues.

Pour prévenir tout risque de vol et d’usurpation sur les sites, un communiqué du ministère des Affaires culturelles indique qu’une équipe scientifique s’est rendue sur le site de Néapolis pour effectuer des observations, documenter les vestiges et évaluer l’état général des lieux.
«Ces interventions requièrent prudence et rigueur en raison des conditions climatiques exceptionnelles persistantes et de l’importante houle qui compliquent les observations, rendant nécessaire de renouveler les constatations lorsque les conditions seront plus stables», a déclaré Ahmed Gadhoum, directeur du département d’archéologie sous-marine au ministère des Affaires culturelles, lors d’une intervention sur Express FM. Il a également souligné que «les mécanismes de protection des sites archéologiques en bord de mer restent vulnérables en raison de leur exposition directe à l’érosion marine».
Les agents de l’INP sont donc vigilants pour sécuriser les sites, en coordination avec la Garde nationale, contre toute tentative d’intrusion sur les vestiges archéologiques. Dans une autre déclaration à la radio Diwan FM, Riadh Mrabet, directeur du Département de l’archéologie à la faculté des Lettres et des Sciences humaines de Kairouan, a souligné qu’une équipe de l’inspection régionale du patrimoine du Sahel a été dépêchée sur les lieux depuis le 20 janvier pour inspecter plusieurs sites archéologiques, notamment à Borj Erras et Salakta, dans le gouvernorat de Mahdia, afin d’évaluer le patrimoine et de prendre les mesures nécessaires pour sa sauvegarde.

Les pluies abondantes peuvent affaiblir, voire détruire les structures anciennes et accélèrent l’érosion des sols, ce qui peut parfois entraîner des effondrements partiels. Pour éviter les pillages et les fouilles illégales, les spécialistes interviennent actuellement sur le terrain pour évaluer les dommages causés par les récentes intempéries.
Un état des lieux et une analyse approfondie des sites affectés sont en cours afin de limiter les pertes. De façon générale, le patrimoine archéologique, qui représente, selon Ahmed Gadhoum, «l’ADN des Tunisiens», nécessite une approche globale prenant en compte les aspects climatiques, scientifiques et sécuritaires pour assurer sa sauvegarde durable.

