Partenariat tuniso-allemand : l’industrie et l’éducation ne s’intensifient pas.
La Tunisie et l’Allemagne ont établi leurs relations diplomatiques le 7 décembre 1956, célébrant cette année leur 70e anniversaire. En 2024, l’Allemagne est la deuxième destination des étudiants tunisiens, avec près de 7 500 inscrits.
La Tunisie et l’Allemagne ont des relations bilatérales anciennes et variées, caractérisées par une coopération politique, économique et technique renforcée depuis l’établissement de leurs relations diplomatiques le 7 décembre 1956, dont le 70e anniversaire est célébré cette année.
Le cadre juridique régissant ces relations est riche et diversifié, englobant de nombreux secteurs tels que le développement économique, la coopération technique et financière, la sécurité, la migration, les énergies renouvelables, le transport, la sécurité sociale, la recherche scientifique, l’enseignement supérieur et l’éducation.
Depuis les années 1960, la coopération entre la Tunisie et l’Allemagne s’inscrit dans une dynamique de soutien au développement durable, ciblant des secteurs clés comme le système financier et bancaire, la numérisation de l’administration, l’amélioration de l’environnement d’investissement, la décentralisation, l’agriculture, la gestion des ressources en eau, ainsi que les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique.
Dans ce contexte, la Tunisie a bénéficié depuis 2012 de la conversion de 101 millions d’euros de sa dette envers l’Allemagne, répartis en quatre tranches. Une nouvelle opération de conversion est actuellement à l’étude par la partie allemande dans le cadre du mécanisme de l’ESCWA.
Économiquement, l’Allemagne reste l’un des principaux partenaires commerciaux de la Tunisie au sein de l’Union européenne, se classant au troisième rang en tant que fournisseur et client. La balance commerciale demeure structurellement excédentaire en faveur de la Tunisie, soutenue par les performances des secteurs industriels, notamment l’automobile et le textile. L’Allemagne se positionne également comme le premier marché mondial des dattes bio tunisiennes.
Les échanges commerciaux ont connu une forte progression ces dernières années. Les exportations tunisiennes vers l’Allemagne sont passées de 7 436,8 millions de dinars en 2022 à 9 177,8 millions en 2025, tandis que les importations ont évolué de 4 637,2 millions à 6 576 millions de dinars sur la même période.
L’Allemagne fait aussi partie des principaux investisseurs étrangers en Tunisie. En 2024, on compte 310 entreprises à participation allemande dans le pays, employant 96 499 personnes, dont environ 180 exercées dans le secteur industriel. En 2025, 98 opérations d’investissement ont été enregistrées, majoritairement des extensions de projets existants.
Le flux touristique allemand confirme cette dynamique, avec 318 953 visiteurs recensés en 2025.
Sur le plan académique, l’Allemagne est la deuxième destination des étudiants tunisiens après la France, avec près de 7 500 inscrits en 2024. Cette coopération est renforcée par la présence depuis 2012 à Tunis d’un bureau de l’Agence allemande pour les services d’échange universitaire (DAAD).
La communauté tunisienne en Allemagne, comptant plus de 134 000 personnes, est largement intégrée et contribue significativement à l’économie allemande, notamment dans les secteurs de la santé, des technologies, de l’éducation et de l’entrepreneuriat.
Enfin, la coopération décentralisée constitue un pilier essentiel de ce partenariat, illustrée par plusieurs accords de jumelage entre villes des deux pays, tels que Tunis-Cologne, Bizerte-Rostock, Menzel-Bourguiba-Stuttgart, Jerba-Midoun-Ostseebad Heringsdorf et Monastir-Münster, ainsi que par des relations étroites avec le Land de Bavière, surtout dans les domaines de la formation professionnelle et des énergies renouvelables, encadrées par un programme de coopération triennal.
En janvier 2025, le secrétaire d’État allemand Thomas Bagger s’est rendu à Tunis, où il a eu des entretiens avec le ministre des affaires étrangères, de la migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, et a coprésidé une séance de travail élargie avec le secrétaire d’État aux affaires étrangères, Mohamed Ben Ayed.

