Parlement auditionne le ministre de l’Éducation sur violence scolaire et manque d’agents.
La Commission de l’éducation, de la formation professionnelle, de la recherche scientifique, de la jeunesse et des sports a tenu, mercredi 25 février 2026, une séance consacrée à l’audition du ministre de l’Éducation sur les questions liées au manque de ressources humaines et à l’état des infrastructures des établissements éducatifs. Le directeur général des bâtiments et équipements a indiqué que le nombre total de projets s’élève à 8 467, couvrant 4 304 établissements, dont 2 690 projets achevés à 100 %.
La Commission de l’éducation, de la formation professionnelle, de la recherche scientifique, de la jeunesse et des sports a tenu, mercredi 25 février 2026, une séance consacrée à l’audition du ministre de l’Éducation sur le manque de ressources humaines, l’état des infrastructures des établissements éducatifs et la réforme du système éducatif.
La réunion s’est déroulée avec la présence d’Abderrazak Oueidat, président de la commission, Mounir Kammouni, vice-président, Najib Akremi, rapporteur, ainsi que des membres Manal Bdida, Kamel Farah, Hassan Ben Ali, Nasser Chenoufi et plusieurs députés non membres.
Walid Haji, vice-président adjoint chargé des relations avec les citoyens et la société civile, et Mokhtar Aifaoui, vice-président adjoint chargé de l’information et de la communication, étaient également présents, comme indiqué dans un communiqué publié par l’ARP.
Au début de la séance, le directeur général des bâtiments et équipements a présenté un exposé détaillé sur l’avancement des projets et la réhabilitation des infrastructures scolaires, mentionnant que de nombreux établissements ont subi des dégâts à la suite des récentes pluies abondantes et des vents violents. Il a précisé que le nombre total de projets s’élève à 8 467, couvrant 4 304 établissements, dont 2 690 projets achevés à 100 %, alors que 1 047 sont encore en cours d’exécution.
Il a également présenté les projets insérés dans le programme de suivi de la réhabilitation des infrastructures du ministère de l’Éducation, leur coût global estimatif et le montant total des marchés par gouvernorat.
Concernant le programme d’interventions urgentes, il a indiqué que 634 projets ont été autorisés pour un coût global estimé à 69,8 millions de dinars. Parmi eux, 342 projets sont achevés ou en cours, 156 sont en phase d’évaluation ou d’examen par les commissions de contrôle spécialisées, tandis que 121 projets sont en phase d’appel d’offres ou de finalisation des études.
Dans le cadre de la promotion du concept d’« école attractive », 101 projets sont programmés pour la création d’espaces d’activités, l’aménagement de terrains sportifs et la construction de salles de sport.
Le ministère continue également d’équiper les établissements en matériel pédagogique et informatique, ainsi qu’en photocopieurs pour un coût global estimé à 74 millions de dinars, en plus du renforcement du transport scolaire par l’acquisition de 73 bus et de l’amélioration des services scolaires à travers la modernisation des cuisines.
En ce qui concerne les ressources humaines, le directeur des affaires administratives à la direction générale des ressources humaines a mentionné que de nombreux établissements du primaire, du collège et du secondaire connaissent une pénurie aiguë d’agents dans plusieurs spécialités, notamment la surveillance, le nettoyage et la restauration.
Les besoins sont estimés à environ 2 100 agents. Le ministère prépare un concours de recrutement à cet effet et coordonne avec la présidence du gouvernement pour l’ouverture de postes sur la plateforme de mobilité fonctionnelle.
Concernant les préparatifs de l’année scolaire 2026-2027, il a précisé qu’une nouvelle promotion de diplômés en sciences de l’éducation sera intégrée en 2026.
Pour le collège et le secondaire, le concours externe pour le recrutement d’enseignants a été publié au Journal officiel de la République tunisienne le 11 février 2026.
Au sujet de la réforme éducative, le directeur général de l’évaluation et de la qualité a expliqué que les résultats de la consultation nationale sur la réforme de l’éducation, qui seront transmis aux commissions techniques du Conseil supérieur de l’éducation, permettront de définir les orientations futures visant à améliorer la qualité et la performance du système éducatif dans les secteurs de l’éducation, de la formation professionnelle et de l’enseignement supérieur, tout en consacrant l’égalité des chances, l’apprentissage tout au long de la vie et l’amélioration de l’employabilité des diplômés.
Lors des débats, les députés ont soulevé plusieurs problématiques majeures, notamment celle des ressources humaines. Ils ont questionné le retard dans le recrutement du personnel nécessaire pour combler les besoins des établissements en agents de surveillance, de nettoyage, d’encadrement et en conseillers pédagogiques, en particulier ceux ayant réussi les concours nationaux depuis 2017 sans régularisation de leur situation.
Ils ont aussi évoqué le dossier des enseignants contractuels recrutés hors base de données, l’application de l’article 107 de la loi de finances, les conditions du dernier concours national et la mise en œuvre de l’accord du 23 mai 2023.
Les parlementaires ont également signalé la dégradation des infrastructures dans de nombreuses écoles et lycées, surtout dans les régions intérieures, caractérisée par la vétusté des bâtiments, le manque d’entretien, la surpopulation des classes et les difficultés du transport scolaire en milieu rural. Ils ont en plus pointé la propagation de la violence scolaire et l’atteinte à la sécurité des établissements.
À propos de la réforme éducative, les députés ont appelé le ministère à assumer ses responsabilités et à accélérer l’adoption de mesures urgentes en attendant le démarrage effectif du Conseil supérieur de l’éducation.
En réponse, le ministre de l’Éducation a reconnu que de nombreux établissements, notamment dans les zones intérieures et rurales, souffrent de la dégradation des bâtiments et du manque d’entretien et d’équipements de base, ce qui compromet la sécurité des élèves et du personnel et affecte négativement le climat scolaire.
Il a affirmé que le ministère œuvre à une meilleure gouvernance dans la gestion des budgets de maintenance et de construction afin d’assurer efficacité, transparence et sécurité.
Il a ajouté qu’à la suite de l’incident d’El Mezzouna, un programme d’interventions urgentes a été mis en place, avec une enveloppe de 56 millions de dinars consacrée à la construction d’enceintes pour les établissements scolaires, tout en recherchant de nouvelles procédures accélérées, notamment des consultations rapides et des négociations directes selon des critères précis.
Il a également indiqué qu’une coordination est en cours avec toutes les parties concernées pour accélérer l’achèvement des projets en suspens.
En ce qui concerne les ressources humaines, le ministre a souligné les progrès réalisés dans la régularisation de la situation des enseignants suppléants conformément au décret n° 21 de 2025 du 8 janvier 2025 relatif à leur intégration dans les écoles primaires, collèges et lycées. Il a précisé que la situation de 24 000 agents, cadres et fonctionnaires a été régularisée jusqu’à janvier 2026.
Des avancées significatives ont été enregistrées pour la deuxième tranche, avec paiement des salaires du dernier trimestre 2025 avant leur intégration dans le système de rémunération ordinaire, tout en poursuivant la régularisation des personnels d’encadrement et des travailleurs sous-traitants.
Concernant les recours déposés entre 2008-2024 et 2006-2024, il a indiqué qu’ils sont actuellement en cours d’examen en vue d’une proposition à la présidence du gouvernement. Pour les procès-verbaux de comblement des postes vacants, il a précisé qu’une circulaire encadre cette procédure pour une durée d’un an.
S’agissant de l’application de l’article 107 de la loi de finances 2026 relatif à l’intégration des enseignants suppléants en fonction avant 2006-2008, il a indiqué que le ministère attend la publication des textes réglementaires nécessaires.
Enfin, le ministre a précisé que le concours externe du ministère n’est pas lié aux régularisations sociales ni aux crédits budgétaires antérieurs non utilisés, mais vise à couvrir une partie des besoins, avec la participation des organes de contrôle pour garantir la transparence.
Il a conclu en affirmant que la réforme éducative constitue un choix stratégique pour l’État et qu’elle sera réalisée selon une approche participative impliquant l’ensemble des acteurs du secteur.

