Tunisie

Oumayma Ben Hamza à l’AGORA : Un paradis avant la chute

Oumayma a déjà exposé dans différentes galeries, mais toujours en groupe. Cette première exposition personnelle est une expérience et une approche différente.

Au commencement était la rouille. Insidieuse, diffuse, déformée, envahissante, hors de contrôle et incontrôlable, inquiétante par son absence de limites.

La Presse — Qui es-tu Oumayma ? Tu émerges tel un astre, à la fois timide et éclatante, pleine d’ombres et de moments de brillance. Tu nous invites à franchir le miroir et nous entraînes dans un univers étrange, liquide et onirique. Un eden où humains, animaux et végétaux semblent cohabiter en harmonie.

Artiste curieuse, réceptive à de multiples inspirations, désireuse d’explorer diverses techniques et évoluant dans des réalités parallèles, pourrais-tu te présenter et résumer ton parcours pour nos lecteurs ?

Au commencement était la rouille. Insidieuse, diffuse, déformée, envahissante, hors de contrôle et incontrôlable, inquiétante par son absence de limites. Nous, simples mortels, y aurions peut-être cru apercevoir des taches d’humidité, ou un peu de salpêtre. Toi, Oumayma, tu y as découvert un porte, un miroir à traverser, un univers à explorer et à nous révéler.

Dans cette exposition, tu nous plonges dans un univers végétal et aquatique, un eden d’avant la chute, où tout est remis en question : les lois de la pesanteur, la distinction entre monde végétal et animal, ainsi que la notion même d’humanité.

Il est vrai que l’humain est représenté par cette petite fille sage que l’on croise régulièrement. Mais, à l’instar des plantes, elle a su s’adapter à cet environnement que tu as imaginé : pas de bras, jugés superflus, mais de longues jambes.

Et des plumes. Sont-elles là pour fuir, pour s’envoler, ou pour mieux nous rencontrer ? Qui est-elle et quel message porte-t-elle ? Est-elle ton alter ego ? Quelles émotions, quelles découvertes veux-tu partager avec nous ?

Tu évoques une inspiration qui se manifeste dans un entre-deux, lorsque tu émerges du sommeil, à la frontière de l’éveil, où ton univers se dessine et où tes personnages prennent vie. Sommes-nous immergés dans tes rêves éveillés ? Et sont-ils toujours teintés de rose ? Tes personnages sont-ils des amis ou des adversaires ?

Tu as suivi une formation traditionnelle de peintre. Cependant, ton héritage maternel en broderie te connecte à un univers textile familier. Il semble que tu explores de nouvelles techniques qui allient broderie et tapisserie. Peux-tu nous en dire plus ?

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Tu as déjà présenté des œuvres dans diverses galeries, mais toujours au sein d’expositions collectives. Cette première exposition personnelle représente une expérience et une approche distinctes. Un programme de visites et de discussions a été mis en place, et tu diriges un atelier de broderie. Par ailleurs, le catalogue se présente sous la forme d’un livre à colorier pour adultes, conçu comme « un espace ouvert qui incite à l’éveil ». Cette expérience est à la fois nouvelle, originale et immersive. Comment a-t-elle vu le jour ?

Je pense que je vais élargir cette interview d’Oumayma et demander à la personne qui l’a accompagnée en poésie de nous faire part de cette collaboration.