Tunisie

Nouveaux horizons de l’enseignement : défis complexes et multiples à relever.

Un programme de mise en œuvre de la réforme du système éducatif avait été amorcé sous le thème de “l’école de demain” (2002-2007). En 2016, le ministère de l’Education avait publié un “livre blanc” rassemblant l’essentiel des travaux engagés depuis plusieurs années.

Le débat sur l’enseignement et son lien avec le contexte socioéconomique ne semble jamais s’achever. Les nombreux changements introduits depuis la première loi de réforme de l’enseignement en novembre 1958 ont permis d’apporter des ajustements nécessaires à chaque étape tout en tentant de réactualiser certaines orientations.

La Presse — C’est pourquoi la question de la mise à jour du système éducatif revient avec une insistance accrue ces derniers temps.

Succession des réformes

Tous les acteurs, de la communauté éducative et ses diverses composantes, aux autres intervenants, y compris les parents, reconnaissent les efforts déployés pour maintenir le cap.

Aujourd’hui, chacun se considère impliqué et cherche à apporter sa contribution.

Cependant, étant donné l’avancement du débat, il semble qu’il ne reste plus grand-chose à ajouter. Il n’y a plus qu’à mettre en œuvre toutes les conclusions et recommandations issues de ces nombreuses rencontres et conférences.

Un programme de mise en œuvre de la réforme du système éducatif a été lancé sous le thème de “l’école de demain” (2002-2007).

De plus, le ministère de l’Education a compilé dans un “livre blanc” publié en 2016 l’essentiel des travaux réalisés au fil des années.

Il en va de même pour le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.

Ce dernier a également organisé, en 2017, des “Assises nationales pour la mise en œuvre de la réforme de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique”.

À travers toutes ces réflexions menées au fil des ans, les experts et les pédagogues ont réussi à identifier les différents points à accentuer.

Bien entendu, le contenu des programmes officiels, leur cohérence et leur actualisation figurent parmi les priorités.

C’est précisément ce que de nombreux parents et enseignants n’ont cessé de dénoncer en soulignant des programmes surchargés qui mènent à un enseignement plus proche du bourrage de crâne.

À cela s’ajoute l’adaptation du rythme scolaire aux nouveaux contenus à développer, tout en tenant compte de l’évolution des méthodes d’apprentissage en lien avec les nouvelles technologies et l’intrusion de l’IA (Intelligence artificielle).

Rôle des intervenants

Une autre dimension concerne la réhabilitation des activités extrascolaires et des clubs. 

En effet, ce volet a été négligé ces dernières années pour diverses raisons. L’organisation de plusieurs excursions durant les dernières vacances scolaires a mis en évidence la nécessité d’une ouverture des institutions scolaires sur leur environnement.

Cela est d’autant plus crucial que le ministère de l’Education tente de se montrer plus conscient de cette réalité. Il a d’ailleurs proclamé, entre autres, l’année 2026 comme année de la lecture.

Au programme, le ministère de l’Education annonce qu’il mettra à la disposition des élèves des millions de livres dans les 4.000 bibliothèques scolaires qu’il prévoit d’instaurer.

Cependant, d’autres axes demeurent à perfectionner, notamment les relations entre parents et écoles, parents et enseignants, ainsi que les élèves et les enseignants. En vérité, il semble que ces relations soient davantage conflictuelles.

Cela conduit souvent à des frictions, voire à des actes de violence. Cela traduit une absence de compréhension et de dialogue. La formation continue et le recyclage du personnel éducatif sont également des points à prendre en compte.

De son côté, l’enseignant doit occuper une place prépondérante, comme l’ont souligné de nombreux experts. D’où l’urgence de restaurer son image et de lui redonner le prestige que confère sa mission. Mais pour mériter cette estime, l’enseignant doit lui-même s’efforcer de soigner son image par un comportement irréprochable. 

Quant à l’élève, il ne doit pas se sentir sous pression. Certes, il doit respecter un règlement interne tout comme les autres intervenants.

La discipline n’est pas une sanction, c’est une ligne directrice qui contribue à former les jeunes et à les préparer à affrontement les difficultés de la vie.

Parcours chaotiques

N’oublions pas que l’enseignement supérieur possède ses propres problèmes spécifiques. Beaucoup d’entre eux sont liés à l’orientation (tout d’abord au secondaire, puis après le bac).

De nombreux étudiants vivent un parcours chaotique à cause d’une orientation universitaire inadaptée. Chaque année, plusieurs milliers d’étudiants cherchent à changer de filière ou à se réorienter.

Il convient cependant de noter les lourdeurs des démarches administratives que les élèves, et surtout les étudiants et leurs parents, doivent entreprendre pour obtenir un service. 

Le dossier de bourse, par exemple, fait partie de ce fardeau. Un nombre impressionnant de documents doit être fourni pour constituer ce dossier. Chaque document nécessite souvent le recours à deux ou trois autres documents.

Sans oublier le temps perdu dans ces démarches et l’argent dépensé en transports et en frais liés aux documents exigés. De plus, les Offices des œuvres universitaires ne se sont toujours pas investis comme il se doit dans le numérique.

Comment admettre que des étudiants attendent encore une réponse alors que les dossiers de bourse ont été soumis depuis plusieurs mois ?

En définitive, il devient de plus en plus évident que l’enseignement n’est pas la seule voie pour nos jeunes. La formation professionnelle ne doit pas être marginalisée, comme cela a trop souvent été le cas. 

Une synergie entre les différents parcours est nécessaire. C’est ce que les autorités ont commencé à mettre en place à travers une coordination plus active et l’élaboration d’une stratégie visant à intégrer les différents parcours.

Le futur “Conseil supérieur de l’éducation et de la formation professionnelle” en a bien pris acte.