Tunisie

Notes de lecture : « Si Le Kef m’était conté » de Najet Ghariani

Najet Ghariani a véhiculé des décennies durant une tradition et une culture orales à travers des retrouvailles familiales, rassemblements festifs, cercles, assemblées, happenings et rencontres académiques. Au dos de la quatrième page de couverture de son livre, il est mentionné qu’«elle est venue à l’écriture très tard, après une vie professionnelle bien remplie de cadre supérieur dans l’Administration».


Il convient de noter que cette tradition et cette culture orales ont été portées par Najet pendant des décennies lors de retrouvailles familiales, de rassemblements festifs, de cercles en assemblées et de rencontres académiques. Son talent de conteuse a fait d’elle une médiatrice d’exception pour transmettre des pans entiers de la mémoire collective, tout en diffusant auprès de son auditoire les valeurs fondamentales de notre identité.

À l’aube de ce printemps, la brise du sommet de Jebel Eddir nous apporte du Nord-Ouest une fragrance vivifiante, sous la forme d’un ouvrage intitulé « Si Le Kef m’était conté ». Ce titre, bien que banal, contraste avec la richesse d’une cité, d’une histoire et d’un présent étonnants (ce sera notre première critique de ce livre).

Heureusement, le sous-titre de cet ouvrage, « Les contes de l’Enchanteresse », offre une perspective plus engageante, éclairant la magie de l’endroit. Cela fait référence à Najet Ghariani (c’est ainsi qu’il aurait fallu l’énoncer sur la première page de couverture, deuxième et dernière critique). Une fois que l’on connaît Najet Ghariani, il est difficile de résister à l’envie de plonger immédiatement dans la lecture de son œuvre.

Au dos de la quatrième de couverture, il est indiqué à propos de l’auteure qu’« elle est venue à l’écriture très tard, après une carrière bien remplie en tant que cadre supérieur dans l’Administration. Son style et son talent ont progressivement conquis un large public sur les réseaux sociaux. Pourquoi ? Parce qu’elle puise son inspiration dans une tradition et une culture orales qui n’ont pas été reconnues comme des richesses ni comme des éléments créateurs d’identité pour Le Kef et sources de valeur ajoutée ».

Dans ses récits, Najet combine réalité et fiction dans une harmonie narrative, s’appuyant sur un patrimoine kéfois d’une grande richesse, témoin d’un passé (à la fois lointain et récent) empreint d’exception, qui confère à cette ville et à cette région de Tunisie une place singulière (la ville du Kef peut-elle être vue comme ayant été pendant plusieurs siècles la deuxième capitale du pays ?).

La transition de l’oral à l’écrit représente un défi. D’autant plus s’il s’agit de passer d’une langue à une autre, en l’occurrence le français. La réussite de cette épreuve reste à juger par le lecteur. Une chose est toutefois claire : ce volume dégage une atmosphère empreinte d’enracinement urbain et une chaleureuse ambiance de terroir, dont l’alliance restitue, au sein d’un tableau unique, le particularisme kéfois… et sa magie.