Non à la grève de la faim

Je ne veux pas croire que Maître Moussi ait adopté la grève de la faim comme mode de protestation contre les traitements discriminatoires dont elle fait l’objet à l’assemblée et qu’elle a affrontés et doit continuer à affronter avec la hauteur qui est la sienne, assurée du soutien de la plus large majorité des tunisiennes et des tunisiens, en prélude à la reconnaissance de la nation libérée. Personnellement, je tiens ce moyen de pression pour du chantage moral qui suppose l’adversaire sensible. Il a été introduit dans la pratique des combats politiques inégaux par Gandhi, le plus coriace des intégristes de l’histoire et, dans son cas, pour infléchir une certaine discipline dans son propre camp. Louis Fisher, dans une biographie consacrée au Mahatma, fait remonter la grève de la faim à des époques immémoriales où il était de coutume en Inde qu’un créancier posât une natte sur le seuil du domicile de son débiteur récalcitrant, s’y installât selon un rituel convenu et se laissât dépérir devant visiteurs et passants jusqu’à son désintéressement par le maître des lieux sous la pression de ces derniers, en forme parfois d’émeute de tout le quartier.

Abdessalem Laârif