Nafaâ Baccari : « Le taux de l’énergie renouvelable doublera en un an »
La part des énergies renouvelables dans la production d’électricité en Tunisie passera de 6 % à 12 % d’ici un an grâce aux projets photovoltaïques et éoliens en cours. Les mesures incitatives pour la mobilité électrique incluent une réduction de 30 % des coûts des voitures électriques et l’élargissement des avantages relatifs aux droits de douane aux voitures hybrides.

La Tunisie accelère sa transition énergétique. La part des énergies renouvelables dans la production d’électricité va passer de 6 à 12 % d’ici un an grâce aux projets photovoltaïques et éoliens en cours, tandis que des mesures incitatives visent à développer les voitures électriques et les infrastructures de recharge sur l’ensemble du territoire.
La Presse — Actuellement, la part des énergies renouvelables dans la production d’électricité est de 6 %, mais elle devrait atteindre 12 % d’ici un an grâce aux projets photovoltaïques et éoliens en cours à travers le pays.
C’est ce qu’a indiqué Nafaâ Baccari, directeur général de l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie, lors d’un colloque sur le crowdfunding au service de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables, qui s’est tenu récemment à Tunis. « Actuellement, la part de l’énergie renouvelable est aux alentours de 6 %, mais il y a deux projets photovoltaïques qui vont être mis en service à Sidi Bouzid et à Tozeur, de 100 mégawatts, ce qui permettra de passer à 7 % », a-t-il précisé en réponse à une question de La Presse.
« Il y a d’autres projets qui vont entrer en exploitation d’ici la fin de l’année en cours ou au début de l’année prochaine, pour atteindre un taux de 12 % », a-t-il soutenu. « Donc, pas à pas, nous allons atteindre notre objectif de 35 % à l’horizon 2030, grâce aux projets en cours, dont un projet éolien de 1.200 mégawatts répartis sur trois sites en Tunisie, en plus des 800 mégawatts pour le solaire photovoltaïque », a-t-il ajouté.
Des mesures incitatives pour la mobilité électrique
Interrogé sur les mesures mises en place pour promouvoir l’utilisation de l’énergie propre dans le secteur des transports, Baccari a rappelé « qu’il y a des mesures dans la loi de finances 2026, ainsi que dans les lois de finances précédentes, pour encourager l’acquisition de voitures électriques. Cette année, les avantages liés aux droits de douane ont été étendus aux voitures hybrides ».
« La même disposition a été appliquée pour les bornes de recharge, avec la suppression des droits de douane et la limitation de la TVA à 7 %, afin de favoriser l’implantation de cette infrastructure », a-t-il mentionné.
Il a également annoncé le lancement imminent d’un « cahier des charges pour la vente de services de recharge pour différents utilisateurs afin de permettre des investissements dans ce secteur ». « Il n’y aura pas de fixation des prix de vente. Le prestataire définira le prix en fonction de l’emplacement et de la rapidité de recharge, ce qui permettra de créer un réseau de recharge et d’engendrer de nouveaux emplois à travers le pays », a-t-il envisagé. Une réduction de 30 % sur les coûts des voitures électriques a également été annoncée.
« Grâce à ces mesures, une voiture de 100 mille dinars coûtera 70 mille et même 60 mille dinars. Nous menons une action pilote avec des établissements publics. L’ANME accorde en effet une subvention de 10 mille dinars pour l’acquisition d’une voiture électrique. Nous avons déjà ouvert les candidatures pour une centaine de voitures auprès des établissements publics concernés ».
Les divers investissements dans le domaine des énergies propres et renouvelables s’intègrent dans la stratégie nationale visant à réduire la facture énergétique, qui est déficitaire de plus de 11 milliards de dinars, d’après les chiffres du commerce extérieur pour l’année 2025.

