Moez Hadidane craint la liste grise du GAFI malgré 27 milliards de dinars.
La suppression du plafond légal pour les paiements en espèces permet, depuis le 1er janvier 2026, d’effectuer des transactions en liquide dépassant les cinq mille dinars. Selon la Banque centrale de Tunisie, la masse monétaire a atteint un niveau record de 26,985 milliards de dinars au 22 janvier 2026, avec une augmentation de 4,492 milliards de dinars, soit près de 20 pour cent en un an.
L’analyste financier, Moez Hadidane, alerte sur le risque que la suppression du plafond légal pour les paiements en espèces entraîne une inscription de la Tunisie sur la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI), ce qui pourrait avoir des conséquences majeures sur son évaluation internationale. Depuis le 1er janvier 2026, il est désormais possible d’effectuer des paiements en espèces sans aucune limite, suite à l’abrogation de l’article 45 de la loi de finances 2019, par l’article 57 de la loi de finances 2026. Cette mesure permet de régler des transactions en liquide excédant les cinq mille dinars, auparavant interdites.
Lors d’une intervention ce mardi sur les ondes d’Express Fm, l’expert met en garde contre le timing de cette décision, prise à l’approche d’une visite d’une mission du GAFI. Cette abrogation pourrait avoir des effets négatifs sur le classement de la Tunisie dans les indicateurs d’analyse financière internationale.
Une modification législative s’inscrit dans un contexte de forte augmentation des liquidités en circulation. Les billets et pièces de monnaie ont atteint un niveau record de 26,985 milliards de dinars au 22 janvier 2026, d’après la Banque centrale de Tunisie. En un an, la masse monétaire a augmenté de 4,492 milliards de dinars, soit près de 20 %. Hadidane explique que plusieurs facteurs contribuent à cette explosion : la baisse de l’utilisation des chèques au profit des paiements en espèces, la suppression de la criminalisation de la détention de sommes importantes sans justification de provenance, et surtout, le recours massif de l’État à l’emprunt intérieur, y compris pour la troisième fois consécutive auprès de la Banque centrale. Tous ces éléments ont directement contribué à l’inflation sans précédent du volume de liquidités dans l’économie tunisienne.

