Meur Kaïs Saïd, vous avez fait preuve d’injustice, de petitesse, de lâcheté et d’inhumanité

« D’habitude , je ne partage pas du Mezri Haddad qui a toujours fait preuve d’opportunisme et parfois de mauvaise foi. Mais le constat qu’il fait concernant l’état des lieux me semble opportun. » Pr Naceur Ben Cheikh

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Monsieur Kaïs Saïd, président de ce qui reste de la République tunisienne,

Monsieur, je n’ai pas le temps de vous adresser une lettre ouverte, ni d’ailleurs l’envie de le faire. Juste ces quelques lignes à chaud pour vous dire toute mon indignation et mon dégoût à la suite du décès de Mouraf Trabelsi en prison, qui me rappelle la mort du docteur Jilani Deboussi que votre sinistre prédécesseur, Moncef Marzouki, a laissé agoniser en prison jusqu’à la dernière minute.

Malgré nos relations qui remontent à 2011 et dont je n’ai jamais fait état jusqu’à présent, je ne vous ai jamais évoqué, ni pour vous critiquer, ni encore moins pour vous flatter à l’instar de vos bien serviles zélateurs. J’aurai pourtant beaucoup à dire sur votre parcours « politique », sur les circonstances de votre élections, sur vos relations avec les Frères musulmans locaux et, surtout, sur le pays qui est derrière votre arrivée au sommet de l’Etat !

Ce soir, je vous adresse ces quelques lignes pour vous dire combien vous avez fait preuve de petitesse, de lâcheté et d’inhumanité dans le cas du défunt Mourad Trabelsi, que je n’ai jamais connu, ni aucun membre de sa famille. On les a accusé de tous les péchés d’Israël, mais que pèsent leurs faits et forfaits comparés aux méfaits des mafia islamistes, gauchistes et droit-de-l’hommistes depuis le coup d’Etat de janvier 2011? Méfaits, je devrais dire Crimes multiples et Haute Trahison, notamment l’intelligence avec des pays ennemis, l’expédition de terroristes en Syrie, et le partage de sommes d’argent colossales (réserve stratégique léguée par Ben Ali, crédits et dons divers de l’étranger…), qui devaient secourir l’économie nationale et servir aux plus nécessiteux, ceux que les cyber-collabos, un ramassis d’opposocrates bourgeois et la propagande d’Al-Jazeera ont hypnotisé et déversé dans la rue. Tous les Tunisiens le savent aujourd’hui, mais c’est trop tard pour eux tant leur situation sociale et économique est désastreuse, et le pire est à venir.

Plus grave encore que la petitesse, la lâcheté et l’inhumanité, vous avez fait preuve d’injustice et c’est effectivement le pire pour un homme dit de loi qui a fait toute sa carrière à la faculté de droit et à l’époque de Ben Ali ! Vous êtes peut-être ignorant de Beccaria et de sa théorie de la proportionnalité des peines et des délits, mais êtes-vous aussi sourd à l’appel à la miséricorde si insistant dans l’éthique islamique, l’authentique et non point la fallacieuse, celle de vos frères musulmans ?

Injustice, parce que vous êtes bien placé pour savoir que depuis 2011, la Justice tunisienne est entre les mains de deux sectes: celle des islamiste et celle des gauchistes. Vous savez très bien que cette justice est aux ordres, qu’elle a été phagocytée par l’ignoble Noureddine Bhiri et que bien des juges qui y règnent sont pour la plupart infiniment plus corrompus que les justiciers qui subissent leur verdict.

Injustice, parce que vous aviez la latitude et toutes les attributions pour libérer Imed Trabelsi (gravement malade et ayant déjà purgé 10 ans de prison), le libérer comme les 3280 détenus que vous avez amnistié le 31 mars dernier, y compris de dangereux criminels et des terroristes. Vous ne l’avez pas fait par lâcheté et parce que vous n’avez aucun honneur. Il vous fallait l’autorisation de Rached Ghannouchi, le criminel suprême avec lequel vous jouez la comédie de la mésentente qui ne trompe plus que la horde d’imbéciles et de crétins qui croit encore à votre messianisme.

Monsieur Saïd, vous êtes comptable de la mort de cet homme et de tous ceux qui vont tomber dans un avenir immédiat. Soit par le Corano virus, soit par la famine, soit encore par la guerre civile. Vous le payerez cher, ainsi que tous ceux qui se sont relayés depuis 2011 à la tête et à la périphérie d’un Etat édifié par des lions et dont devaient hériter des hyènes. Ce n’est pas là une vague prière ou souhait que j’émets, mais une promesse, un serment.

Mezri HADDAD, le 8 avril 2020