Mes Humeurs : La voix que l’on ne voulait pas entendre
Francesca Albanese, fonctionnaire internationale et rapporteuse spéciale des Nations unies pour les territoires palestiniens occupés, a été reconduite pour trois ans à son poste malgré les manœuvres pour la faire taire. Plusieurs gouvernements occidentaux se sont mobilisés pour contester son rapport intitulé « Anatomie d’un génocide », qui aborde des thèmes relatifs à Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem-Est.
**La Presse—** Récemment, l’une des Humeurs (28 février dernier) a abordé la forte opposition dirigée contre une femme qui mérite respect et honneur, Francesca Albanese, fonctionnaire internationale et rapporteuse spéciale des Nations unies pour les territoires palestiniens occupés. Elle est l’auteure d’un livre, traduit dans plusieurs langues, intitulé *Quand le monde dort*, qui a suscité un grand intérêt en prouvant, par des documents, les atrocités de masse, les violences physiques et mentales, ainsi que les autres souffrances infligées au peuple palestinien.
La campagne orchestrée par le lobby sioniste, ce qui est manifeste, repose sur une déclaration déformée de sa part, la désignant comme antisémite et l’accusant de diverses atrocités. Plusieurs gouvernements occidentaux ont réagi en s’opposant à son rapport (*Anatomie d’un génocide*), qui concerne non seulement Gaza, mais également la Cisjordanie et Jérusalem-Est, en évoquant un nettoyage ethnique.
Des personnalités de haut niveau, dont M. Jean-Louis Barrault, ministre français des Affaires étrangères, ont relayé ces attaques. Il a déclaré : « Madame Francesca Albanese s’avance et se présente comme une experte indépendante des Nations unies. Elle n’est ni experte, ni indépendante, c’est une militante politique qui agite des discours de haine », sic.
Il a annoncé que la France demanderait au Conseil des droits de l’homme des Nations unies de réclamer sa démission. Ses homologues italien, allemand et tchèque ont suivi son exemple, sans effectuer les vérifications nécessaires qui incombent à leurs fonctions. Le gouvernement américain l’a également sanctionnée (retrait de cartes bancaires, etc.).
Les médias ont amplifié la situation. Elle a résisté de toutes ses forces, passant d’une radio à l’autre, d’une tribune à une université (notamment à Tunis) et à des salles de militants. Sa voix s’est diffusée de manière différente, circulant de bouche en bouche, d’un lieu à un autre, attirant des milliers de sympathisants ordinaires et des responsables indignés par la haine, y compris plusieurs anciens ambassadeurs.
Dans cette obstination réside quelque chose de fragile mais néanmoins indestructible. Au cœur des attaques, une autre vérité émerge : celle d’un refus de se laisser effacer. Car l’enjeu va au-delà de sa seule personne. C’est la capacité de s’exprimer, de désigner, de témoigner, sans être immédiatement évincé du cercle des discours acceptables. La solidarité s’est renforcée, et Albanese a été proposée par plusieurs organisations pour le prix Nobel de la Paix, ce qui n’est pas négligeable.
Pourquoi une seconde Humeur sur cette messagère de la paix ? Parce que, malgré les tentatives de la réduire au silence, malgré le harcèlement des lobbys et des autorités, Francesca Albanese a été reconduite pour trois ans à son poste. Cela prouve que la persévérance, même en situation marginalisée, parvient parfois à déjouer les pressions les plus sévères.

