Mehdi Jomâa , valet de l’ombre de R.Ghannouchi

A une personne élégante et richement habillé qui s’est présentée à lui, Socrate s’est adressé à cette personne en ces termes : « Parles que je te vois ». Mehdi Jomâa a parlé et il s’est découvert devant ceux qui voyaient en lui une personne respectable. Une seule déclaration de tout le baratin qu’il a débité, était suffisante pour dévoiler ce qui couvait dans son inconscient et son subconscient : « le 27 juin 2019, il n’y avait pas un putsch parlementaire qui se tramait », soutenait-il, lors d’un débat télévisé le 7 septembre 2019. » La secte islamiste soupçonnée de l’avoir tenté n’était pas aussi catégorique que Jomâa. Il était plus royaliste que le roi. Donc  pour lui , le putschiste, c’était Abdelkrim Zbidi. Le message de jomâa c’était : Zbidi est dangereux pour la démocratie, il faut l’éloigner de Carthage. L’enfant du terroir était irrité qu’on s’en prenne à sa contrée d’origine.

Jomaâ a plus ou moins réussi à faire oublier ses faits d’armes à l’UGTE, le syndicat des étudiants islamistes tristement réputé pour ses violences contre le mouvement démocrate et progressiste à l’Université et à l’UGTT… C’étaient des daéchiens avant l’heure. Beaucoup de ses frères islamistes sont actuellement dans le Majless Choura. La main de fer de Ben Ali aidant, Il quitte la Tunisie en 1990 où il fait une longue carrière dans une filiale du groupe français Total. En ces temps les capitales occidentales chouchoutaient les exilés islamistes de tous bords.
Il a pris des distances organiques par rapport à la secte islamiste, pour cacher l’accoutrement afghan sous un costume « ifranji » toujours droit et bien ajusté, et un visage toujours bien rasé affichant une bonhomie candide. Dracula n’apparaissait-il pas sous un visage d’un prince charmant, avant d’enfoncer ses canines dans le cou d’une belle fille pour se ressourcer de son sang et lui inoculer la potion qui l’a diaboliserait à son image.

Notre Tunisie étant devenue après le 14 Janvier 2011, comme les montagnes escarpées, accessible qu’aux vautours et aux reptiles, Jomaâ nous l’avons connu officiellement sous les gouvernements de deux islamistes Hamadi Jbèli et de Ali laarayedh . On le présentait comme un technocrate indépendant pour donner bonne figure et leurrer les âmes sensibles. .Il avait le portefeuille de l’industrie . Il était assisté d’un secrétaire d’Etat islamiste chargé de l’Energie et des mines. Certes la période était courte, mais le dossier des contrats de concessions pétrolières qui ont fait couler beaucoup d’encre, est resté dans les tiroirs. Quand au phosphate, il est resté sous terre. Le sabotage systématique de l’économie du pays n’est pas sa tasse à café, surtout que c’était la politique officielle de la Troïka.

Car, Vendredi ( Jomâa ) est demeuré lié à Robinson Crusoé. Début janvier 2014, Il était devenu le chef de gouvernement propulsé par la secte islamiste, suite à la démission du gouvernement d’Ali Larayedh. Pourquoi tant de détermination de la part du gourou pour l’élever à cette mission, s’il n’était pas l’enfant du terroir. Des indépendants plus compétents pullulent en Tunisie. Il infesta les ministères d’islamistes dont leur seule compétence est l’allégeance à la secte Nahdh . A l’issue des élections présidentielles et législatives de 2014 , il quitte le pouvoir . Son bilan était terne . Le terrorisme battait son plein et aucune amélioration des indicateurs économiques.

En Franc Maçon, Ghannouchi a su le garder éloigné des structures de sa secte, pour pouvoir le pousser discrètement aux devants de la scène en des temps meilleurs. La façade d’indépendant et de technocrate de son poulain, le rendrait comestible et pourrait bien servir les intérêts de la loge.
Venue les échéances électorales pour la magistrature et la députation de 2019, « Vendredi » s’y engage sous la bannière de son parti Al Badil Ettounsi, constitué en mars 2017.

Le décès du Président Béji Caïed Essebsi a précipité les élections présidentielles, et « Vendredi » a déposé sa candidature pour la magistrature suprême. Malgré les appels pour qu’il il se désiste en faveur de Zbidi, il s’est obstiné à ne pas abandonner la compétition. Il fallait réduire les chances de si Abdelkérim Zbidi, étant son hostilité à la secte, par une dispersion des voix. Et le voilà attaquer ce dernier comme l’a fait le chaouch du RCD Abir Moussi qui y voit un concurrent de taille à sa mégalomanie.

Il fallait faire briller la vitrine démocratique. Zbidi est un putschiste pour Jomâa et Ghannouchi . Voilà un message aux zazous démocrates pour les séduire et surtout un signe fort d’allégeance au gourou pour qu’il ne l’oublie pas pour la primature à défaut d’être élu Président de la République. D’ailleurs le scénario de la secte, n’est-il pas de soutenir Yousef Chahed pour la magistrature et réserver la primature à « Vendredi » ?

Tous les sujets qui dérangent le gourou sont occultés par « Vendredi ». Pourquoi fouiner dans le dossier des assassinats de Chokri Bélaïd et Mohamed Brahmi ? Pourquoi mettre sur la table le projet de la COLIBE ? Pourquoi parler des déboires économiques de la secte ? Il n’y aurait ni terrorisme ni mafia ni spéculateurs ni contrebandiers. Donc, on n’en parle pas. Le gourou doit être comblé de tant de béatitude. Les affairistes et non les hommes d’affaires, qui l’entourent et le soutiennent sont rassurés. Ils vont continuer à « Yaklou iddinya wa ytsahrou bi echaâb » comme l’a bien dit si Abdelkérim Zbidi dans son discours à Monastir le 7 septembre 2019. Et, les Accords du Libre Echange Complet et Approfondi devraient ils être signés en catimini. Chahed Président et « Vendredi » Chef de Gouvernement, ou vice-versa, un duo satanique qui essayera de nous faire avaler la couleuvre avec la bénédiction de tonton Rchouda.

Si Abdelkarim Zbidi dérange au plus haut point le gourou qui pousse « Vendredi » ainsi que Yousef Khaznadar à essayer de lui barrer la route du sacre. Car, Si Abdelkérim est un patriote intègre, libre de tout engagement envers qui que ce soit. C’est la guerre  la corruption et la mafia de toute nature, les amis du gourou, de « Vendredi » et de khaznadar sont dérangés dans leur quiétude. C’est la guerre totale contre le terrorisme, c’est la mise à nu des crimes d’Etat et de leurs commanditaires, c’est la réhabilitation de l’autorité de l’Etat et de la suprématie de la loi, la loi respectée par tous, appliquée à tous, et qui protège les droits de tous. L’Etat providence, école publique, santé publique, doivent reconquérir leur lustre pour que le citoyen se réconcilie avec l’Etat et accepte son autorité.

A Monastir,et en ce samedi 7 septembre 2019 ? si Abdelkérim Zbidi n’a pas manqué de clôturer son discours par une citation prise des nombreuses déclarations de Chokri Bélaïd. Chokri Bélaïd le virulent opposant à la secte islamiste n’est pas mort. Il était présent en ce jour, tout comme Bourguiba gratifié d’un hommage émouvant. A bon entendeur salut !

Mounir Chebil