Maryse Louis, DG du Femise : « Maghreb, atout efficace pour l’Europe »
Le « EuroMed Clusters Policy Seminar – Maghreb Edition » s’est tenu à Tunis le 25 mars courant, organisé par le Femise en collaboration avec « Anima Investment Network », l’Apii et l’ERF, pour améliorer la compétitivité industrielle et l’intégration régionale. L’objectif du séminaire est de recueillir le point de vue des clusters au Maghreb (la Tunisie, le Maroc et l’Algérie) et d’identifier les obstacles à leur intégration dans les chaînes de valeur européennes.

Lors du séminaire « EuroMed Clusters Policy Seminar – Maghreb Edition », tenu à Tunis le 25 mars, La Presse a interviewé Maryse Louis, directrice générale du Forum euro-méditerranéen des instituts de sciences économiques (Femise). Elle a partagé des éclaircissements sur l’importance de la proximité du Maghreb avec l’Europe pour développer des clusters capables d’intégrer les chaînes de valeur européennes, ce qui bénéficie aux deux rives de la Méditerranée. Ce séminaire, organisé par le Femise en collaboration avec « Anima Investment Network », l’Apii et l’ERF, vise à renforcer la compétitivité industrielle et l’intégration régionale.
La Presse — Quel est l’objectif de ce séminaire ?
Il s’agit d’un séminaire politique dont l’objectif est de recueillir les points de vue sur les clusters au Maghreb (Tunisie, Maroc, Algérie) et d’identifier les obstacles à leur intégration dans les chaînes de valeur européennes, malgré la qualité, le développement et le potentiel des industries, notamment dans les secteurs automobile, textile, énergie verte, etc. Nous avons une bonne connaissance des principaux obstacles grâce à nos études.
Il est cependant crucial d’écouter les dirigeants de ces clusters sur les problèmes qu’ils rencontrent et sur les solutions possibles. À l’issue des travaux, nous souhaitons élaborer des recommandations politiques concrètes et des initiatives, à partir desquelles nous pourrons formuler des suggestions aux gouvernements de ces pays et, si nécessaire, solliciter le soutien de la Commission européenne pour leur mise en œuvre.
Pourquoi est-il important pour l’Union européenne de développer des clusters sur la rive sud ?
Comme l’a souligné Son Excellence l’ambassadeur de l’Union européenne à Tunis, [Les chaînes de valeur dans les pays du Maghreb sont très importantes pour l’Europe en général], surtout dans le contexte géopolitique actuel et les changements de pouvoirs au niveau international.
La proximité du Maghreb permet à l’Europe de développer des chaînes de valeur beaucoup plus efficaces dans ces pays que dans d’autres pays éloignés comme la Chine ou en Asie, etc. De plus, la culture et la langue sont similaires. Tout ce qui est méditerranéen unit le nord et le sud de la Méditerranée, ce qui est plus efficace, moins coûteux et dont les standards sont pratiquement identiques.
Nous cherchons à améliorer les standards de ces pays pour qu’ils atteignent les normes exigées par l’Europe.
Y a-t-il des secteurs prioritaires ?
Oui, absolument ! Des secteurs comme l’automobile sont très développés en Tunisie et au Maroc. On observe aussi des articles [Made in Tunisia] sur le marché. Il existe également un potentiel dans le domaine du vert, ainsi que dans la digitalisation et l’agribusiness, tout ce qui est lié à l’environnement et à la technologie verte, etc. Ces secteurs présentent beaucoup de potentiel. Des ateliers thématiques sont prévus au séminaire pour discuter spécifiquement des défis et des obstacles, ainsi que des initiatives adaptées à chaque secteur.
Comment gérer la concurrence entre entreprises et pays développant des produits similaires ?
La compétition est bénéfique, car elle permet d’améliorer les produits afin d’être meilleur que les concurrents. S’informer sur ce que font les autres peut aider à évaluer les opportunités de développement local.
Cette compétition est en réalité une compétition positive, favorisant l’émergence de solutions innovantes, adaptables et efficaces, tant au niveau national que régional.

