Tunisie

Les défis de la sécurité alimentaire : ruralité et résilience durable

Près de 50 % de la population rurale dépend directement de l’agriculture et des activités annexes, mais ces zones continuent de souffrir d’un accès limité aux infrastructures, au financement et aux marchés. En 2026, l’agriculture irriguée, l’élevage et les filières à forte valeur ajoutée, telles que l’huile d’olive et les dattes, se distingueront par leur dynamisme.

Le développement rural en Tunisie ne représente plus seulement un enjeu social, mais devient un levier stratégique pour la croissance économique.

Près de 50 % de la population rurale a une dépendance directe à l’agriculture, ce qui est essentiel pour moderniser les filières, sécuriser les ressources et faciliter l’accès aux marchés.

Cela constitue un impératif pour renforcer la sécurité alimentaire et dynamiser l’économie tunisienne.

La Presse — Le développement rural en Tunisie représente à la fois un potentiel de croissance économique important et un défi social majeur, au cœur des enjeux du pays.

Chokri Faouzi, expert en développement rural et économie agricole, a indiqué que près de 50 % de la population rurale dépend directement de l’agriculture et des activités connexes, mais que ces régions souffrent encore d’un accès limité aux infrastructures, au financement et aux marchés.

Selon lui, le développement rural est lié à la sécurité alimentaire et à la réduction des inégalités économiques, en faisant une priorité stratégique pour la Tunisie.

Des obstacles majeurs

En 2026, trois secteurs se distinguent par leur dynamisme : l’agriculture irriguée, axée sur la production de fruits et légumes pour les marchés locaux et l’exportation ; l’élevage, avec un accent croissant sur la production laitière et la transformation de la viande ; et enfin les filières à forte valeur ajoutée, comme l’huile d’olive, les dattes et les produits agro-transformés.

Ces filières bénéficient de projets publics et privés visant à moderniser les techniques agricoles et à améliorer la productivité, permettant aux exploitants de mieux répondre à une demande nationale et internationale croissante.

Cependant, plusieurs défis demeurent. L’accès au crédit agricole est limité, surtout pour les petites exploitations familiales, tandis que les infrastructures, telles que les routes, les structures de stockage et les systèmes d’irrigation modernes, restent insuffisantes.

L’accès aux marchés et aux technologies demeure également un obstacle, car de nombreux producteurs continuent de dépendre d’intermédiaires pour la vente de leurs produits.

Le stress hydrique est un problème majeur, surtout dans les régions du Sud et du Centre, où le déficit en eau limite la production.

Chokri Faouzi souligne qu’il est essentiel de prendre des mesures appropriées pour sécuriser les ressources en eau et garantir la durabilité de la production agricole.

Surmonter les contraintes

Pour faire face à ces contraintes, le gouvernement tunisien, en partenariat avec plusieurs programmes internationaux, a lancé des initiatives ciblées : la réhabilitation des périmètres irrigués et la modernisation des systèmes d’irrigation, le développement de la transformation agroalimentaire pour accroître la valeur ajoutée locale, l’encouragement des jeunes et des femmes à investir dans des micro-entreprises rurales, et le renforcement des coopératives agricoles pour améliorer l’accès aux marchés.

Ces actions reflètent une volonté claire de soutenir la productivité, la compétitivité des zones rurales et l’inclusion sociale, tout en renforçant le rôle de l’agriculture dans l’économie.

Les résultats commencent déjà à se faire ressentir. L’amélioration des infrastructures et l’accès au financement ont permis d’augmenter les rendements et d’améliorer les revenus des exploitants.

Dans certaines régions du Sahel et du Centre, la production maraîchère affiche une croissance annuelle de 10 à 15 % grâce à l’irrigation modernisée.

Les filières d’exportation, comme les dattes et l’huile d’olive, créent également des emplois indirects dans le transport, le conditionnement et la commercialisation, démontrant que le développement rural peut devenir un véritable moteur de croissance, tant locale que nationale.

Chokri Faouzi rappelle que l’économie rurale doit être perçue comme un levier stratégique pour une croissance durable. Selon lui, les décideurs doivent assurer la sécurité foncière, améliorer l’accès au financement et renforcer la formation technique des exploitants.

De leur côté, les investisseurs ont l’opportunité de profiter de la transformation agroalimentaire et de la production durable, deux secteurs en forte demande sur les marchés locaux et internationaux, offrant ainsi des perspectives concrètes de création de valeur et de dynamisation économique à l’échelle nationale.