Tunisie

Le Salon de la création artisanale s’ouvre aujourd’hui au Kram.

Le Salon national de la création artisanale, dans sa 42e édition, s’ouvre aujourd’hui au parc des expositions du Kram, à Tunis, avec plus de 1.000 exposants et des milliers de visiteurs attendus. Cet événement, qui se déroule jusqu’au 5 avril prochain, comprend un grand pavillon commercial réunissant environ 800 exposants dans diverses activités artisanales.


C’est aujourd’hui qu’ouvre, au parc des expositions du Kram, à Tunis, la 42e édition du Salon national de la création artisanale, avec plus de 1 000 exposants et des milliers de visiteurs attendus. Cet événement se déroule jusqu’au 5 avril prochain, dans un cadre commercial, professionnel et promotionnel.

La Presse — Cet événement majeur de l’année rassemble des artisans de divers horizons, constituant une plateforme d’innovation artisanale avec de nouveaux articles et produits bien finis, aux conceptions et designs élaborés. Les stands et pavillons, parfaitement aménagés, offrent un large choix alliant authenticité et modernité, incluant des ateliers vivants et des expériences de confection immersives.

La manifestation met en avant une quinzaine d’espaces dédiés à la promotion d’un secteur dont l’identité appartient à tous les Tunisiens, représentant un secteur aux 24 parfums.

Des espaces et des traces

Dans cet espace, la création artisanale se décline en une pluralité de formes et de significations. L’espace d’inspiration du patrimoine artisanal présente des pièces remarquables de l’habit traditionnel et des vêtements masculins, tels que créés et tissés par des maîtres artisans. Cette tradition de l’artisanat se transmet ainsi de père en fils. L’espace « Olympiades » constitue un concours de « Jebbas brodées » où 12 candidats rivalisent sur des critères d’esthétique, de qualité et de professionnalisme.

Les espaces de création et d’arts et métiers sont complémentaires, chacun mettant en avant les spécificités de ses produits. Les nouveaux promoteurs, regroupant au total 80 artisans issus des quatre coins de la Tunisie, dont la majorité sont jeunes diplômés du supérieur et de la formation professionnelle, disposent également de leur propre espace pour exposer leurs dernières créations.

Les artisans porteurs de handicap bénéficient d’un espace gratuit, pour soutenir leur intégration sociale et économique. De plus, les potières de Sejnane se distinguent par leur forte participation, avec des produits uniques qui sont devenus l’emblème de leur région.

Le salon a aussi une dimension internationale, incluant la participation de 16 artisans d’Algérie, d’Arabie saoudite et d’Égypte. Cette présence internationale vise à renforcer les partenariats et à établir de nouveaux marchés.

42 éditions, ça se fête, mais..

En plus d’un grand pavillon commercial, abritant environ 800 exposants dans diverses activités artisanales, le salon propose d’autres espaces dédiés aux structures d’appui et services pour artisans, à un forum digital spécialisé dans l’économie culturelle numérique, aux sociétés communautaires, ainsi qu’au projet « Créative Tunisie », mis en œuvre par l’Onudi en collaboration avec l’Office national de l’artisanat.

L’artisanat tunisien représente un lien entre le présent et le passé, fondé sur un riche patrimoine matériel et immatériel. Il s’agit également d’un métier empreint de nostalgie, pratiqué avec passion et précision.

À chaque édition, l’artisanat tunisien cherche à s’affirmer comme un secteur à fort potentiel économique, générant environ 300 000 emplois. Cependant, les petits artisans font face à des difficultés structurelles et financières, ce qui complique leur situation professionnelle.

Bien que le secteur œuvre à se valoriser, il peine encore à atteindre une maturité qui lui permettrait d’atteindre une autonomie socioéconomique totale. Après 42 ans, cet anniversaire est à célébrer ! Ce secteur, lié à des activités principalement manuelles, a su résister aux crises successives et, en ces temps modernes, il regorge d’idées et de projets novateurs propices à la génération de revenus et d’emplois.

Cependant, cela ne suffit pas. En l’absence d’un suivi, d’un encadrement et d’une formation continue, le secteur risque de se perdre dans un passé stérile et contreproductif.