Tunisie

L’Afrique va multiplier par six ses capacités solaires d’ici 2029.

En 2025, l’Afrique a ajouté environ 4,5 gigawatts de nouvelles capacités solaires, représentant un bond de 54 % par rapport à 2024. Le Global Solar Council prévoit que les capacités solaires installées en Afrique atteindront plus de 33 gigawatts d’ici à 2029.


L’Afrique enregistre une croissance record de l’énergie solaire en 2025. Selon le rapport « Africa Market Outlook for Solar PV : 2026-2029 » publié le mardi 3 février 2026 par le Global Solar Council, le continent africain a connu sa croissance la plus rapide dans le secteur de l’énergie solaire au cours de l’année 2025, soutenue par une augmentation des projets de grandes centrales et des systèmes distribués.

Le rapport indique qu’en 2025, l’Afrique a ajouté environ 4,5 gigawatts de nouvelles capacités solaires, ce qui représente une hausse de 54 % par rapport à 2024. Ce chiffre dépasse le record de 2023 et dépasse les prévisions à moyen terme. L’Afrique du Sud est le leader du continent avec 1,6 gigawatt de nouvelles capacités, suivie par le Nigeria avec 803 mégawatts et l’Égypte avec 500 mégawatts. Les systèmes distribués, comprenant les panneaux sur toits et les installations commerciales et industrielles, ont constitué environ 44 % de la nouvelle capacité, même si les chiffres officiels ne reflètent probablement pas la totalité de ce secteur.

L’investissement dans les compétences techniques et l’infrastructure de soutien est crucial pour renforcer le déploiement de l’énergie solaire sur le continent. Des prévisions ambitieuses jusqu’en 2029. Le Global Solar Council anticipe que les capacités solaires installées en Afrique dépasseront 33 gigawatts d’ici à 2029, soit plus de six fois la capacité enregistrée en 2025. Cette progression devrait s’appuyer sur l’expansion conjointe des marchés de l’énergie distribuée et des grandes centrales dans un nombre croissant de pays africains. Le rapport précise que huit pays africains ont installé plus de 100 mégawatts d’énergie solaire en 2025, contre seulement quatre l’année précédente.

Cette évolution montre que l’adoption du solaire ne se limite plus à quelques nations pionnières. Deux trajectoires parallèles pour la transition énergétique. Le Global Solar Council note que l’Afrique suit deux voies parallèles dans sa transition énergétique : la première, publique, se concentre sur les grandes centrales solaires connectées au réseau, financées principalement par des investissements publics et des fonds de développement. La seconde, privée, repose sur les systèmes distribués, avec un financement de panneaux solaires sur toits et d’installations commerciales et industrielles adoptées par les ménages et les entreprises. Ces deux trajectoires affichent une croissance rapide, mais dans des conditions de financement et des politiques fondamentalement différentes.

Défis et opportunités. Le rapport souligne que pour réaliser ces perspectives prometteuses, il est nécessaire de mettre en place des mécanismes de financement innovants, des outils de réduction des risques et des investissements du secteur privé pour faire baisser le coût du capital pour l’énergie solaire. Il insiste également sur l’importance d’une planification adéquate, de réformes politiques continues, d’améliorations de l’infrastructure du réseau et de la réduction des coûts technologiques comme éléments clés pour maintenir cette dynamique.

Il est à noter que le rapport a été présenté lors du salon Intersolar Africa 2026, qui a débuté mardi à Nairobi, la capitale du Kenya, réunissant plus de 100 exposants nationaux et internationaux présentant des technologies favorisant la transition verte du continent. Le rapport confirme que l’association d’un ensoleillement abondant et d’une demande énergétique croissante positionne le solaire comme un acteur clé de la transition énergétique et du développement économique en Afrique.