La Tunisie lance un programme pour former des pilotes Airbus.
The Aviator Institute (TAI) a lancé ce mercredi en Tunisie son programme de formation initiale des pilotes Airbus. Selon Anis Faidi, Directeur Général de TAI, le programme vise à former des pilotes non seulement pour la Tunisie, mais aussi pour l’ensemble du continent africain et du Moyen-Orient.
L’Institut Aviateur (TAI), partenaire principal d’Airbus Flight Academy (AFA) en Afrique et au Moyen-Orient, a inauguré ce mercredi en Tunisie son programme de formation initiale pour pilotes Airbus. La cérémonie a vu la participation de responsables régionaux d’Airbus ainsi que de représentants du monde académique, professionnel et diplomatique.
« Cette initiative positionne la Tunisie comme un hub régional pour la formation aéronautique et contribue au développement des talents dans le secteur de l’aviation », a affirmé Anis Faidi, Directeur Général de TAI. Il a précisé que le programme a pour objectif de former des pilotes non seulement pour la Tunisie mais aussi pour tout le continent africain et le Moyen-Orient, marquant ainsi une première pour Airbus dans la région. En effet, ce programme découle d’un partenariat stratégique révélé lors du Dubaï Airshow 2025, entre Airbus Flight Academy et The Aviator Institute, antérieurement connu sous le nom de Safe Flight Academy, pour introduire en Tunisie une formation initiale respectant les standards internationaux.
Une histoire de vision et de partenariats
Fondé en 2010 par plusieurs experts de l’aéronautique, The Aviator Institute a été conçu comme une académie de nouvelle génération visant à former des pilotes selon des critères d’excellence dès le début. Entre 2010 et 2015, TAI a reçu des accréditations des autorités de l’aviation civile dans plusieurs pays africains, y compris le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Cameroun et le Gabon, ce qui a permis à l’institut d’étendre son expertise à l’international tout en maintenant un niveau de formation élevé. En 2016, l’institut a lancé un programme conforme à la réglementation de l’EASA (Agence Européenne de Sécurité Aéronautique), permettant de délivrer des licences françaises à des pilotes formés en dehors de l’Europe. « Ce programme intègre dès le départ la pratique et la théorie, ainsi qu’une gestion complète du vol, garantissant des pilotes capables de satisfaire aux exigences professionnelles et sécuritaires », a souligné Anis Faidi.
Le développement de TAI repose également sur des partenariats stratégiques. Selon M. Faidi, « collaborer avec des partenaires qui croient en nous et partagent nos valeurs est crucial pour garantir un niveau d’excellence et de sécurité dès le début de la formation des pilotes ». Parmi ces partenaires, on trouve Brookfield Aviation, Agipo et Nouvelair, qui ont aidé à renforcer les standards et à soutenir l’expansion internationale de l’institut. « Développer des talents locaux est plus efficace, plus durable et assure la sécurité et la qualité de nos opérations », a-t-il insisté, précisant qu’environ 80 000 pilotes devront être recrutés dans la région Afrique-Moyen-Orient au cours des 20 prochaines années d’après Airbus.
L’importance de l’écosystème…
Pour Chokri Zarrad, PDG de Nouvelair, la formation et le développement des compétences sont indispensables à la croissance du transport aérien. « Pour atteindre nos ambitions de développement, il faut plus d’avions, plus de pilotes, mais aussi plus de médecins, de techniciens, d’infrastructures de maintenance et de formations », a-t-il affirmé. M. Zarrad a également rappelé que la sécurité aérienne doit rester une priorité et que la formation doit couvrir l’ensemble de l’écosystème professionnel. « Il ne suffit pas de former des pilotes uniquement à la manœuvre de l’avion ; ils doivent être préparés à la gestion complète du vol et à l’intégration au sein d’une compagnie aérienne », a-t-il expliqué.
Il a abordé la question de la fuite des talents, notant que « nous devons garantir un flux suffisant de pilotes qualifiés restant en Tunisie pour soutenir les compagnies locales et maintenir un niveau élevé de sécurité et de performance », tout en ajoutant que le programme de formation lancé en 2023 en collaboration avec TAI, commençant avec six pilotes pour atteindre onze en 2025, est selon lui un pilier central pour faire face à la demande croissante du secteur aérien.
La Tunisie, hub régional de formation aéronautique
De plus, il a affirmé que le transport aérien constitue également un moteur stratégique pour l’économie et le tourisme en Tunisie. « Même si les avions sont disponibles, sans équipage qualifié et compétent, le développement du transport aérien ne peut pas se réaliser », a-t-il conclu, insistant sur la complémentarité entre technologie, formation et milieu professionnel. Il est important de noter que le lancement officiel s’est accompagné de la signature d’une convention intégrant TAI au réseau Airbus Flight Academy, ainsi que de la présentation des orientations stratégiques de l’institut à moyen et long terme. « Aujourd’hui, l’institut répond principalement aux besoins locaux et régionaux. Demain, il sera capable de s’étendre davantage, en formant des pilotes et en soutenant l’ensemble de l’écosystème aéronautique du continent », a déclaré Anis Faidi.
Avec ce programme, la Tunisie renforce son rôle en tant que hub régional pour la formation aéronautique, offrant un cadre de formation conforme aux standards internationaux tout en intégrant un écosystème complet pour la sécurité, la maintenance et le développement des talents. « Accueillir ce programme structurant, axé sur l’excellence et l’ouverture, est un signal fort pour la région… En alliant excellence, sécurité et développement des talents locaux, The Aviator Institute se positionne désormais comme un partenaire stratégique des compagnies aériennes régionales et internationales », a résumé Anis Faidi, mettant en avant la vision de l’institut de devenir un acteur clé en Afrique et au Moyen-Orient.

