La TROÏKA , crotte de chiot , ne doit plus se répéter

Je publie ce passage de mon premier livre « 14 janvier le putsch démocratique », édité en septembre 2013, étant donné que l’incompétence du gouvernement et le bilan de Youssef Chahed sont comparables , sinon pire , à ceux de la Troïka et pour dire que cette triste expérience de la domination de la secte islamiste Ennahdha ne doit plus se répéter.

Les élections du 23 octobre 2011 nous gratifièrent d’un parti dominant, la secte  Nahdha arc-bouté sur sa garde prétorienne salafiste, n’ayant pour programme pour le pays, que quelques versets coraniques mal appris et quelques hadiths mal digérés, et des partis dits non islamistes dont le programme ne vise qu’à asservir le peuple aux pieds de la Nahdha. Bref, « kif sidi kif jouadou». Le pays est tout bonnement engagé dans une galère, alors que les constituants sont très contents de pouvoir entrer dans l’histoire. Forts d’une légitimité des urnes, au demeurant douteuse, ces derniers lui ont concocté un gouvernement digne d’une république bananière, au lieu d’un gouvernement d’union nationale, fait de compétences capables d’assurer une transition au moindre dégât.
Gargantua s’installa donc sur le trône, flanqué de deux caniches pour parfaire le décor. On appela cela Troïka !
Cette appellation me renvoie aux appellations aguicheuses et féeriques des plats du Réveillon, où, lorsque le palais commençait à picoter et la salive à s’égoutter sur la nappe en satin à la lecture des termes suggestifs de la carte, on vous sert une large assiette en porcelaine de Limoges garnie, au milieu, d’une crotte de chiot. Mais, au lieu de vomir à la vue de cette atrocité, on se met à s’en délecter avec un couvert en argent, pour faire bon chic bon genre, et à la savourer comme une délicatesse, et au pire du sacrilège, on dirait tout bas, qu’il semblerait qu’elle pourrait manquer d’un peu d’épice.
En effet, n’ayant aucun programme ni stratégie pour exercer le pouvoir, la Troïka est comparable à celui qui a passé des années à fantasmer sur la mariée que le destin lui réservait, et un jour, sans expérience aucune, se serait trouvé, la nuit de noces, devant sa langoureuse dulcinée, penaud, terrassé par la timidité et sans armes, alors que devant la porte de la chambre nuptiale, les parents, accablés par la foule des hôtes intrigués, attendaient dans l’anxiété et la colère, le linge de l’honneur «embelli» du sceau de la chasteté.
Alors que, pour éviter la honte de la panne nuptiale, les plus intelligents des inexpérimentés prendraient rendez-vous chez le barbier, pour se faire beaux et, surtout, pour bien ouvrir les oreilles aux initiations de cet envoyé de la providence, avant de franchir en téméraire le seuil de la chambre nuptiale et par la suite, en sortir pour brandir en héros le gage de la virilité emprunté au drapeau japonais, la Troïka aveuglée par une prétention démesurée, n’a pas saisi l’utilité du passage chez le barbier. Elle s’est alors enlisée dans le cafouillage et l’impuissance laissant dans l’attente, l’anxiété et la révolte, toutes les composantes sociales massées devant les portes gouvernementales en attente d’un quelconque signe libérateur et prometteur. Alors, comme l’impuissant, qui a rejeté sur les sorciers vaudous son incapacité à honorer l’élue de ses rêves, la Troïka avec la secte Nahdha en tête, a accusé ses adversaires d’hérésie, de complot et de conspiration pour cacher son incurie à gérer les affaires du pays et à satisfaire les attentes du peuple. ILLI KHANHA DRA3HA T9OUL MAS7OURA. Le comble, c’est qu’en réponse aux attentes, elle a offert au peuple l’abstinence et l’avilissement de l’aumône et elle trouve le culot de se demander pourquoi les Tunisiens ont refusé cette offrande venue du ciel.
Pourtant, l’offrande du ciel était tombée sur la secte Nahdha, parti omnipotent dans la Troïka en la forme du gouvernement provisoire. En acceptant le rôle de gestionnaire des affaires courantes, conformément au statut du gouvernement provisoire, elle aurait pu faire l’apprentissage du pouvoir et éviter les attaques dont elle a fait l’objet. Mais en « mauvaise musulmane », la secte Nahdha a renié la grâce de Dieu. Ainsi, s’est-elle empêtrée lamentablement dans un terrain vaseux auquel elle n’était pas du tout préparée, laissant inassouvis les appétits qu’elle avait suscités par ses promesses paradisiaques, affectant, ainsi, sa popularité et ses chances futures, et exposant ses talons à toutes sortes d’épines sinon de clous. L’avidité du pouvoir, l’impatience de dominer la scène politique et le goût du luxe et des richesses, et surtout de la ghanima, ont eu gain de cause sur la raison et la piété. Si Antony Quinn vivait encore, il nous aurait certainement ressorti sa réplique célèbre du film Zorba le Grec : « qu’elle est belle la catastrophe ! »

Mounir Chébil