La journaliste Mounira Aouadi se demande: soit la police est complice, soit elle est inefficace !?

Une amie emplie de bonne volonté , mais surtout inquiète et révoltée de la tournure des événements , remue ciel et terre et toutes ses connaissances  » influentes  » pour faire avancer l’affaire.
Cela fait exactement 15 jours qu’un sous-homme m’a percutée avec sa moto et pris la fuite. En ce moment , il doit siroter son thé de l’après-midi en se foutant de la police.
La personne que mon amie harcèle depuis des jours —— mon cas la révolte et , apparemment , elle est la seule à en souffrir —— vient de m’apprendre l’impensable : aucune trace de PV , alors que l’hôpital Mongi-Slim informe automatiquement la police en cas d’accident de la route. J’ajouterai que 2 agents du poste de Carthage sont venus recueillir les témoignages de mes enfants à la clinique Al Amen où je fus transférée. Sur leur visage , l’image de la compassion , celle de Mater dolorosa .
Mon fils , le lendemain , a vu la caméra de surveillance que les agents lui ont montrée. Le motard est bien visible et moi aussi traversant la chaussée. Clair et net !
Et pourquoi a-t-on demandé à mon fils d’aller en informer le poste de l’Aouina ?
Que signifie  » aucune trace de procès-verbal ni à Carthage ni à l’Aouina ? Il semblerait que la police territoriale n’est pas concernée ni celle de la circulation. Alors qui est concerné ?
Écoeurée , dégoûtée , furieuse. Mon fils me porte comme un bébé pour quelques marches. Imaginez ma douleur de mère , moi qui , toujours , lui ai évité tous les écueils . Ma fille a délaissé foyer et enfants pour s’occuper de moi dès la clinique jusqu’à aujourd’hui . Heureusement que son époux est remarquable.
Je souffre le martyr. Je ne peux poser mon pied fracturé par terre. Les clous maintiennent les os brisés en morceaux. Idem pour la main gauche. Mon épaule déboîtée me fait un mal de chien. Une chaise roulante est prêt de mon lit. J’écris parce que l’écriture est VITALE pour moi. J’écris pour rassurer ma chirurgienne maxillo-faciale et mon chirurgien orthopédique. Sublimes tous les deux , ainsi que le médecin-urgentiste ! J’écris pour les infirmières qui s’étaient tellement dévouées pour s’occuper de la grabataire que j’étais devenue. J’écris pour vous , mes ami(e)s en vous cachant ma souffrance .
Les certificats médicaux sont là. Les témoignages de l’équipe médicale , fastoche de les avoir.
Le plus important , c’est le témoignage des 2 agents qui s’étaient déplacés à la clinique. Qu’on les interroge !
Maintenant , soit la police est complice , soit elle est inefficace ! Dans les deux cas , elle est indigne !
Je n’attends aucune compensation. Je ne suis pas la ben sadrine. Je n’attends aucune compensation pour les années passées en prison pour avoir commis des actes terroristes et vitriolé des femmes sur une moto. Les criminels privilégient les motos. Ça disparaît plus vite que l’ombre de Lucky Luke .
Je ne vais pas lâcher l’affaire. Je vais écrire et dénoncer et si  » mon criminel  » n’est pas retrouvé , je demanderai l’asile politique ou j’irai vivre ailleurs le temps qui me reste à VIVRE !
Ce ne sont point des pleurnicheries ! Ce n’est pas dans ma nature . De la COLÈRE ! Un État de non-droit n’en est pas un ! Un État qui ne respecte pas ses citoyens n’est pas respectable !

Mounira Aouadi