La Bouza : Voyage au cœur d’un héritage beylical
Les soirées tunisiennes durant Ramadan ont souvent une senteur de noisettes grillées et d’eau de rose. De nos jours, la Bouza n’est plus réservée à une classe sociale, elle est devenue l’une des marques identitaires uniques de la Tunisie.
Les arômes des soirées tunisiennes pendant le Ramadan évoquent toujours les noisettes grillées et l’eau de rose. Il est impossible de penser aux noisettes grillées sans associer cela à un bon dessert de Bouza onctueuse.
Plus qu’une simple crème dessert, la Bouza constitue une expérience sensorielle qui nous plonge dans l’histoire de la Régence de Tunis, une époque marquée par un véritable âge d’or de la gastronomie.
### Née à la Cour des Beys
L’histoire de la Bouza tunisienne est profondément ancrée dans la dynastie husseinite (1705-1957). Pendant cette période de raffinement culinaire, ce délice figure parmi les douceurs les plus appréciées des Beys de Tunis.
À l’origine, cette crème était réservée aux grandes occasions, symbolisant la distinction sociale à travers l’utilisation généreuse de fruits secs coûteux, tels que les noisettes ou les pistaches.
Cependant, de nos jours, la Bouza n’est plus l’apanage d’une classe sociale. Elle est devenue, depuis longtemps, l’une des marques identitaires uniques de la Tunisie. Totalement différente de la Bouza orientale, où au Liban ou en Syrie, le terme « Bouza » désigne une glace élastique au mastic, la Bouza tunisienne se déguste chaude par les connaisseurs.
Sa texture résulte d’un savant mélange de fruits secs, principalement des noisettes torréfiées et broyées jusqu’à obtenir une pâte huileuse.
Dans sa version plus économique, la Bouza se prépare également avec du sorgho (Droô) lorsqu’il y a une pénurie de fruits secs de plus en plus onéreux.
L’eau de rose ou de géranium vient rehausser le tout d’une note florale délicate et typiquement tunisienne.
### Un Rituel du Ramadan
Aujourd’hui, alors que la Bouza a quitté les palais, elle est devenue un incontournable des soirées de Ramadan. Consommée après l’Iftar en tant que dessert ou lors du S’hour comme plat principal, elle est très appréciée pour sa richesse énergétique, qui aide à supporter le jeûne.
En hiver, son attrait double, et la Bouza est encore plus célébrée, car elle se transforme en un réconfort réchauffant les foyers grâce à sa douceur sucrée, racontant un fragment d’histoire qui continue de se transmettre de génération en génération.

