Jusqu’à 700 000 m³ perdus par jour : une hémorragie invisible
Houssine Rhili, consultant en développement, a confirmé ce jeudi 9 avril 2026 que les indicateurs actuels laissent présager une situation hydrique meilleure que celle de l’année dernière. Il a expliqué que le rendement des réseaux de distribution d’eau ne dépasse pas 65 % au niveau national et tombe en dessous de 50 % dans certaines régions.
Houssine Rhili, consultant en développement, a déclaré ce jeudi 9 avril 2026 que les indicateurs actuels suggèrent une amélioration de la situation hydrique par rapport à l’année précédente.
Lors de son intervention dans l’émission Ecomag, diffusée sur Express Fm, M. Rhili a fait ce constat, précisant que la saison agricole en cours a été marquée par des précipitations significatives, surtout en mars et avril, touchant principalement le nord et le nord-ouest, où se situent la plupart des barrages.
« Cela s’est traduit positivement sur les réserves d’eau où le taux de remplissage des barrages a atteint environ 61 %, avec un stock dépassant 1,5 milliard de mètres cubes, soit une augmentation de plus de 500 millions de mètres cubes par rapport à la même période en 2025 », a-t-il précisé.
Il a ajouté que ces pluies ont également permis de recharger les nappes phréatiques qui avaient été épuisées par des années de sécheresse, ce qui pourrait réduire la pression sur les ressources souterraines, notamment dans les régions intérieures.
Cependant, M. Rhili a averti des conséquences du changement climatique, en particulier la hausse des températures. Il a noté que les barrages perdent quotidiennement entre 650 000 et 700 000 mètres cubes d’eau par évaporation due à la chaleur, représentant une perte significative pour les ressources. Il a également observé que l’été en Tunisie est devenu plus long, s’étendant désormais de la mi-avril à la fin septembre, ce qui accroît encore la pression sur le système de gestion de l’eau.
M. Rhili a aussi souligné que les coupures d’approvisionnement en eau potable ne sont pas seulement causées par le manque de ressources, mais sont principalement liées à des infrastructures fragiles.
Il a fait valoir que le rendement des réseaux de distribution d’eau ne dépasse pas 65 % au niveau national, et tombe même en dessous de 50 % dans certaines régions, indiquant ainsi que des quantités importantes d’eau sont perdues à cause de fuites.
Houssine Rhili a également mentionné que le taux de fiabilité des réseaux avait chuté, passant de 80 % avant 2010 à moins de 66 % actuellement, ce qui reflète un manque d’investissements adéquats dans la maintenance et le renouvellement.
En conclusion de son intervention, il a insisté sur la nécessité de considérer le secteur de l’eau comme une priorité nationale.
Il a appelé à accélérer la réalisation des projets hydrauliques, à renforcer la SONEDE tant sur le plan matériel qu’humain, à rénover les réseaux de distribution, à réduire les fuites et à améliorer la qualité de l’eau pour diminuer le recours à l’eau minérale en bouteille.
Il a souligné que la sécurité hydrique en Tunisie dépend non seulement de la mobilisation des ressources, mais aussi d’une gestion efficace et du développement d’infrastructures durables pour les générations futures.

