Italie : un projet de loi pour instaurer un blocus maritime aux migrants
Le Conseil des ministres italien a approuvé mercredi un projet de loi autorisant des opérations de blocus maritime pour stopper les embarcations de migrants lors de périodes de « pression exceptionnelle » aux frontières. Les autorités peuvent interdire l’accès des navires aux eaux italiennes pour une durée allant jusqu’à 30 jours lorsque l’embarcation de migrants représenterait une « menace grave pour l’ordre public ou la sécurité nationale ».
Le Conseil des ministres italien a validé mercredi un projet de loi autorisant des opérations de blocus maritime pour intercepter les embarcations de migrants en période de « pression exceptionnelle » aux frontières. Cette initiative représente un durcissement supplémentaire de la politique de lutte contre l’immigration clandestine.
Lors d’une réunion en fin d’après-midi, le Conseil des ministres a approuvé ce texte, qui doit désormais être examiné par les deux chambres du Parlement avant de pouvoir entrer officiellement en vigueur.
### Détails du projet de loi
Le texte précise que les autorités peuvent interdire l’accès des navires aux eaux italiennes pour une durée maximale de 30 jours si une embarcation de migrants représente une « menace grave pour l’ordre public ou la sécurité nationale », en particulier en cas de risque concret d’actes terroristes ou d’infiltration d’éléments dangereux.
Le blocus peut être prolongé jusqu’à six mois. Le projet de loi permet aussi de suspendre l’entrée des navires lors de flux migratoires massifs qui pourraient compromettre la gestion sécurisée des frontières.
Les contrevenants risquent des amendes pouvant atteindre 50 000 euros (environ 60 000 dollars). En cas de récidive, la confiscation du navire est prévue, une mesure qui semble visant principalement les navires de sauvetage des organisations humanitaires.
### La stratégie de Giorgia Meloni
La coalition de la Première ministre de droite, Giorgia Meloni, a réaffirmé à plusieurs reprises que l’activité des navires de sauvetage humanitaires représentait un « facteur d’attraction » incitant les migrants à prendre la mer.
Depuis son accession au pouvoir fin 2022, Mme Meloni s’efforce de renforcer le rapatriement des demandeurs d’asile déboutés et de durcir les sanctions pénales contre les passeurs, dans le but de réduire les traversées maritimes.
### Critiques de l’opposition
L’opposition de centre-gauche a fortement critiqué ce projet de loi. Cette décision intervient alors que les députés européens ont voté, mardi dernier, pour de nouvelles politiques migratoires permettant aux États de rejeter les demandes d’asile et d’expulser les migrants venant de pays considérés comme « sûrs » ou ayant eu la possibilité d’y présenter une demande d’asile.

