Italie : projet de loi adopté pour un blocus maritime aux migrants
Le Conseil des ministres italien a approuvé mercredi un projet de loi autorisant des opérations de blocus maritime pour stopper les embarcations de migrants lors de périodes de « pression exceptionnelle » aux frontières. Les contrevenants s’exposent à des amendes pouvant atteindre 50 000 euros (environ 60 000 dollars).
Le Conseil des ministres italien a approuvé mercredi un projet de loi permettant des opérations de blocus maritime pour intercepter les embarcations de migrants en période de « pression exceptionnelle » à ses frontières. Cette décision représente un nouveau renforcement des mesures contre l’immigration clandestine.
Réuni en fin de journée mercredi, le Conseil des ministres a validé le texte, qui devra désormais être examiné par les deux chambres du Parlement avant d’être officiellement appliqué.
Le projet de loi établit que les autorités ont la possibilité d’interdire l’accès des navires aux eaux italiennes pour une durée pouvant aller jusqu’à 30 jours lorsque l’embarcation de migrants serait considérée comme une « menace grave pour l’ordre public ou la sécurité nationale », notamment en cas de risque avéré d’actes terroristes ou d’infiltration d’éléments dangereux.
Le blocus peut être prolongé jusqu’à un maximum de six mois. Le texte permet aussi de suspendre l’entrée des navires en cas de vagues migratoires massives risquant de perturber la gestion sécurisée des frontières.
Les contrevenants risquent des amendes pouvant atteindre 50 000 euros (environ 60 000 dollars). En cas de récidive, la confiscation du navire est envisagée, une mesure qui semble viser directement les vaisseaux de sauvetage des organisations humanitaires.
La coalition dirigée par la Première ministre de droite, Giorgia Meloni, a affirmé à plusieurs reprises que l’activité des navires de sauvetage humanitaires constitue un « facteur d’attraction » qui pousse les migrants à prendre la mer.
Depuis son accession au pouvoir fin 2022, Mme Meloni s’est efforcée d’accélérer le rapatriement des demandeurs d’asile déboutés et a alourdi les peines de prison pour les passeurs, dans l’objectif de réduire les traversées maritimes.
L’opposition de centre-gauche a vivement critiqué ce projet de loi. Cette décision survient alors que les députés européens ont voté, mardi dernier, en faveur de nouvelles politiques migratoires permettant aux États de rejeter les demandes d’asile et d’expulser les migrants en provenance de pays considérés comme « sûrs » ou qui avaient la possibilité d’y faire une demande d’asile.

