Iran : cinq scénarios clés détermineront la fin de la guerre
Après l’assassinat d’Ali Larijani, les frappes sionistes se sont intensifiées pour viser Ismaïl Khatib, marquant une nouvelle étape dans la guerre contre l’Iran. La guerre, qui devait initialement se limiter à une « frappe éclair », entre désormais dans une phase plus longue et stratégique, centrée sur l’affaiblissement progressif du pouvoir iranien.

Après l’assassinat d’Ali Larijani, secrétaire général du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, les frappes israéliennes se sont intensifiées, ciblant également le ministre du Renseignement, Ismaïl Khatib. Cela marque une nouvelle phase dans la guerre contre l’Iran.
Ces attaques, qui visent désormais les plus hauts responsables politiques et militaires, indiquent un changement stratégique, passant d’une pression militaire à une tentative de démantèlement progressive de la haute direction du régime iranien, après l’échec des tentatives antérieures de renversement rapide.
Cette situation met en évidence le dilemme des États-Unis et d’Israël, qui peinent à renverser rapidement le régime tout en cherchant à limiter les conséquences économiques et sécuritaires pour leurs alliés et pour le marché mondial de l’énergie.
La guerre, qui devait initialement se limiter à une “frappe éclair” pour rétablir rapidement l’équilibre des forces, entre désormais dans une phase plus longue et stratégique, axée sur l’affaiblissement progressif du pouvoir iranien.
La date de fin du conflit reste incertaine. Selon des médias israéliens, les opérations pourraient durer jusqu’à la Pâque juive, le 1er avril 2026, un horizon temporel non officiel qui sert de référence pour les décideurs.
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a précisé que les opérations se poursuivraient sans calendrier fixe, soulignant l’importance d’atteindre les objectifs militaires sur le terrain plutôt que de suivre un calendrier strict.
Côté américain, les déclarations officielles sont contradictoires. Donald Trump a évoqué une fin imminente de la guerre, sans donner de date précise, tandis que le secrétaire au Trésor, Scott Bessant, a estimé que les opérations pourraient se conclure dans les deux semaines à venir.
La porte-parole de la Maison Blanche, Caroline Leavitt, a, pour sa part, évalué la durée totale du conflit, débuté le 28 février 2026, entre quatre et six semaines, le temps nécessaire pour atteindre les objectifs fixés.
Face à cette incertitude, cinq scénarios principaux se dessinent pour la conclusion des opérations. Le premier prévoit un renversement du régime iranien, basé sur la poursuite des frappes contre les dirigeants et l’incitation à des manifestations populaires.
Bien que ce scénario ait été évoqué par Donald Trump et Benjamin Netanyahu, il semble peu probable en raison de la cohésion des institutions iraniennes et de la mobilisation populaire qui suit chaque attaque.
Le deuxième scénario vise la neutralisation des capacités stratégiques de l’Iran en affaiblissant son programme nucléaire, ses capacités balistiques et ses ressources essentielles.
C’est le scénario jugé le plus plausible, étant donné l’ampleur des frappes ayant déjà touché plus de 8 000 sites iraniens, y compris plusieurs installations énergétiques stratégiques.
Le troisième scénario repose sur une pression internationale pour mettre fin au conflit. La hausse des prix de l’énergie et les perturbations dans le détroit d’Ormuz pourraient inciter les États-Unis à négocier un cessez-le-feu, permettant à chaque partie de revendiquer symboliquement la victoire tout en minimisant l’impact économique et diplomatique du conflit.
Le quatrième scénario envisage la prise de contrôle de points stratégiques par les forces américaines, notamment de l’île de Kharg, artère pétrolière iranienne, ou du détroit d’Ormuz, afin de mettre sous pression l’économie iranienne et d’établir un nouvel équilibre militaire.
Ce scénario comporte d’énormes risques, car il pourrait rapidement s’intensifier en un conflit régional plus large.
Enfin, le cinquième scénario prévoit une intervention terrestre directe, américaine ou régionale, similaire à celle qui avait eu lieu en Irak. Cette option est la plus coûteuse et la plus périlleuse, tant sur le plan politique que militaire, et pourrait considérablement étendre et prolonger la guerre.
Dans ce contexte, les États-Unis et Israël semblent miser sur un affaiblissement progressif du régime iranien si le renversement direct échoue, tandis que l’Iran s’appuie sur sa résilience et sa capacité à absorber les frappes, espérant limiter les pertes et maintenir la stabilité interne, dans l’espoir de sortir de cette confrontation avec des dommages contrôlables.

