Ils me font rire les simplets qui traitent Bourguiba de dictateur

Ils me font rire les simplets qui traitent Bourguiba de dictateur sanguinaire et qui nous dressent à chaque fois un réquisitoire sans appel à coups de « il aurait dû faire ça en 196.. », « il a eu tort de faire ce qu’il a fait en 197.., mais aurait dû faire ceci et cela… ». Ils sont incapables de replacer les événements dans leur contexte et période historique.

En fait, ils se bornent aux aspects les moins flatteurs de Bourguiba et se perdent dans de vaines arguties et des élucubrations prétendument historiques pour souiller sa mémoire, d’où leur pensée stérile qui fait seulement place à la rancœur et au désir de vengeance.

La manière dont on voyait la démocratie et les libertés à l’orée de l’indépendance n’est pas la même qu’aujourd’hui. On ne peut critiquer le bilan de Bourguiba à l’aune des idéologies régnantes du troisième millénaire et des critères d’aujourd’hui. Le rapport aux valeurs évoluent et changent. On ne peut faire le procès de Bourguiba comme s’il avait dirigé ce pays dans les années 2000. On est incapable de penser sérieusement quand on ne peut ramener les choses dans leur contexte.

Personnellement, je pense que si la Tunisie avait opté pour la démocratie à l’aube de l’indépendance, la deuxième moitié du XXème siècle aurait été marquée par des guerres civiles successives et des conflits post-électoraux après chaque scrutin crucial. Il serait utile de rappeler que nous sommes en 2020 et que, depuis son avènement en 2011, la démocratie ne consacre que des islamo-obscurantistes (vendus de surcroît à un roitelet du golfe et au nouveau Calife ottoman), des identitaires aigris et réac’ (nationalistes arabes, etc.) et des ploucs excités, complexés et rongés par la haine.

Sinon, je suis entièrement d’accord avec ceux qui disent que Bourguiba a préparé le train à la liquidation des acquis réalisés pendant la première période de son règne et qu’à cause de son ego surdimensionné, il a écrasé des adversaires méritants sans vraiment tenir compte « de leur sincérité, de leurs compétences et des services rendus à la Tunisie ». Je les rejoins sur ce point.

Pierrot LeFou

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