Tunisie

Gafsa – Ramadan : Ferveur, frénésie et enjeux financiers

Le paysage des préparatifs en prévision du mois de Ramadan à Gafsa est en pleine mutation, avec une affluence record devant les échoppes de produits de base, devenus le passage obligé pour garantir les saveurs de la soupe ou du couscous. Face à la cherté du marché central, les Gafsiens ont observé un réel report de la clientèle vers les marchés ambulants, qui proposent des tarifs nettement plus abordables.

Les préparatifs en vue du mois de Ramadan à Gafsa évoluent rapidement. Alors que l’odeur des épices continue de dominer les souks, le pilon et le mortier hérités de nos grands-mères laissent progressivement place aux produits prêts à consommer.

Dans ce contexte d’urgence et de tensions budgétaires, les consommateurs délaissent le marché central pour s’orienter vers les circuits de quartier, essayant désespérément de trouver un équilibre entre la piété du mois sacré et la réalité des prix.

La Presse — À l’approche du mois saint, une frénésie envahit les marchés. Cette tradition annuelle, qui allie piété et logistique domestique, prend cette année une tournure particulière. Si l’esprit est toujours au partage, la stratégie de consommation s’ajuste à une conjoncture économique instable.

Une anticipation sans précédent

Contrairement aux années antérieures où l’effervescence ne commençait qu’à la veille de l’observation du croissant lunaire, la ruée vers les étals a cette fois-ci débuté avec une avance notable. Ce ne sont plus seulement les traditions qui guident les pas des chefs de famille, mais aussi une appréhension croissante. Face à l’inflation persistante, beaucoup ont décidé de se préparer tôt, redoutant une flambée des prix à l’arrivée du mois du jeûne.

Le règne des épices « prêtes à l’emploi »

Au cœur des couffins, les épices dominent. Le changement des temps et l’évolution des habitudes de consommation se manifestent par la raréfaction du broyage domestique du poivre, du curcuma ou du piment. Là où les grands-mères passaient des journées à trier et à moudre les arômes, les familles d’aujourd’hui optent pour des mélanges déjà préparés. Ce changement de comportement d’achat explique l’afflux record devant les boutiques de produits de base, devenus incontournables pour assurer le goût de la soupe ou du couscous.

Le paradoxe des prix : entre pluies et spéculation

Cependant, une zone d’ombre persiste concernant le coût des produits frais. Malgré les récentes pluies bénéfiques qui ont arrosé la région et qui auraient dû entraîner une baisse des prix des produits agricoles, certains légumes affichent des tarifs exorbitants.

Pourtant, les brigades de contrôle économique intensifient leurs interventions pour traquer les abus. Mais sur le terrain, la réalité s’avère plus complexe : certains commerçants ont du mal à respecter les règles de régulation, entraînant un décalage flagrant entre l’abondance des ressources et les étiquettes des prix.

Les marchés ambulants et de quartier : un salut pour le pouvoir d’achat

Face à la hausse des prix du marché central, les Gafsiens ont trouvé une alternative. On note un véritable déplacement de la clientèle vers les marchés ambulants. Ces derniers, véritables refuges pour le pouvoir d’achat, affichent des prix beaucoup plus accessibles que ceux des structures fixes. Les petits marchés de quartier connaissent également une expansion, avec l’émergence de points de vente improvisés en plein cœur des zones résidentielles.